Siège de l'UPL : 31 Rue des Foulons F 67200 STRASBOURG Contact : unionprotlib@free.fr ou winstein@free.fr

Vivre,
croire,
réfléchir,
avancer

Comme la pensée, que rien ne peut jamais enfermer contre notre gré,
la foi vit et se vit en toute liberté.
Telle les sciences qui ouvrent de nouveaux espaces, toute religion évolue,
même alors qu'elle proposerait un code moral
ou un système de pensée.
E. Winstein


Bienvenue

sur le site de l'Union Protestante Libérale

http://unionprotlib.free.fr

 
L'Union Protestante Libérale propose un terrain de rencontre où puisse se dérouler un débat respectant les sensibilités et les convictions de chacun, tout en affirmant l'exigence d'une réflexion et d'une recherche sérieuses et approfondies, tant sur le plan théologique qu'en matière d'analyse des questions de société.

 

Prochaine rencontre

 

Café théologique

Lundi 14 mai 2012 : Jésus et le statut de la femme

Le café théologique a lieu de 18h30 à 20h au Café-brasserie Le Michel 20 Avenue de la Marseillaise à Strasbourg.

Renseignements : Union Protestante Libérale, Ernest Winstein, président, 06 10 92 92 42. Mail: unionprotlib@free.fr

 

Le blog de l'Union Protestante Libérale de Strasbourg se trouve à l'adresse suivante : http://unionprotlib.over-blog.com/ - Inscrivez-vous à la newsletter.

Voir le calendrier des rencontres en page 3

 

Sommaire du site

Résurrection et Logos (Verbe)

par Jean-Paul Sorg


Non seulement les hommes savent tous qu'ils sont mortels, les uns et les autres, mais encore ils pensent que l'humanité comme telle, l'espèce humaine, l'est ; que le monde où ils vivent disparaîtra un jour, que la terre qu'ils habitent n'est pas éternelle au sein du cosmos. Éternité du cosmos même ou de l'univers, éternité du ciel, éternité de l'être, oui, c'est une manière de penser (sans recours au big bang !), mais le monde présent, tel qu'il nous apparaît, en la figure qu'il a prise pour nous, est destiné à périr.
D'où vient aux hommes l'idée au fond étrange, non empirique en tout cas, du caractère éphémère ou passager du monde terrestre où se déroule leur existence ? Nul ne peut, évidemment, rapporter et transmettre l'expérience d'une fin dernière et totale. " La mort n'est pas un événement de la vie " (Wittgenstein). Ce qui est vrai pour chacun, pour chaque individu dans sa solitude de sujet unique, l'est aussi, a fortiori, pour l'ensemble de l'humanité (si un tel ensemble peut être considéré). Pas de survivant : pas de récit. Pas d'histoire. Donc, l'inconcevable rien. Comme si rien n'avait eu lieu. Pas de Verbe : pas de fin.
Rien n'aura eu lieu que le lieu ? Même pas. Pas de temps : pas de lieu.

Le mot " fin " a en français deux sens : but et terme (terminus). Il n'y a pas de logique absolue à ce double sens, c'est juste une donnée singulière de la langue française, qui excite la pensée, qui semble intéressante, mais prenons garde. Le terme ne coïncide pas forcément avec le but, visé et désiré. Et même : à supposer qu'on atteigne le but, qu'on y soit et que l'on puisse juger, il ne correspondra jamais à la promesse ou à l'espérance. Cette terre que l'on a gagnée n'est pas entièrement et définitivement celle que l'on cherchait et qui avait été promise ; ce prophète qui a laissé entendre qu'il était le messie est-il vraiment le Christ sauveur venu ouvrir le royaume des cieux ? L'humanité ne paraît pas sauvée après son passage et son sacrifice. Ce qui arrive n'a jamais l'air d'être ce que l'on voulait et se représentait. L'expérience faite n'est jamais à vue humaine que celle d'un échec et l'histoire, une continue déception. Le terme est toujours prématuré, un événement " avant terme ". Rien n'a été terminé, mais c'est fini, la partie est finie. Mort, voilà ta victoire ?
Non, l'esprit (le logos) ne saurait en rester là. Il passe outre. L'eschatologie n'est pas une prophétie de la mort, l'annonce d'une mort qui serait la fin (le terme) ou l'annonce d'une fin prochaine qui ne serait rien d'autre que la mort ; le propre de l'imagination eschatologique est d'aller au-delà et donc de figurer une négation de la mort ou une victoire sur la mort, conçue non comme inconcevable, comme néant, trou noir, rien, mais comme épreuve qui détermine le passage vers… autre chose, une autre vie, une autre forme d'existence. Pour les méchants, l'enfer ; pour les justes, le paradis. Pour les moyens, un plus ou moins long purgatoire !
La mort est niée, en tant que terme sans lendemain, instant dernier sans avenir ; elle est niée dans l'affirmation, digne de foi, d'une résurrection ou d'une renaissance. Donc, d'un recommencement, non pas du même (idée de l'éternel retour), mais différent. " Je ferai toutes choses nouvelles. " Le souffle de l'eschatologie, comme souffle de vie éternelle dirigée contre le phénomène de la mort, est également puissant et fécond, que le temps soit conçu sur un mode cyclique ou sur un mode linéaire. La réincarnation dans la roue cosmique relève de l'imagination (ou spéculation) eschatologique aussi bien que la résurrection au bout de l'histoire et le tribunal dernier. Si les thèmes et les improvisations diffèrent, le sens et le gain sont d'un même ordre : l'occultation de la mort.
La pensée de la résurrection n'est donc pas si extraordinaire, elle n'est pas seulement le point faible, le point de folie, le délire, le génie du seul christianisme ; elle appartient au logos tel qu'il peut habiter l'esprit des hommes, l'esprit de l'espèce qui a l'intelligence de sa mort terrestre et appréhende son existence dans le temps. Pour autant, la résurrection n'a jamais la force d'une réalité, elle n'est pas un événement de la vie (soit dit en détournant la formule de Wittgenstein), elle ne peut être vécue.
Que la pensée eschatologique soit inspirée par la hantise de la mort qui, elle, est ce qui fait penser les hommes (ce qui fonde le logos), voilà une hypothèse qui séduit assez. Nous ajouterons à cette hantise générale et diffuse, intrinsèque à l'âme, l'expérience ou la mémoire collective de catastrophes qui rappellent à l'homme sa précarité et lui signifient que sa condition est terrestre, donc à la merci des " caprices ", des irrégularités, des déchaînements de la terre comme du ciel. Difficile de croire que le bonheur de l'espèce humaine soit une finalité de la création. De là le saut sur un autre plan, l'ouverture métaphysique. L'idée de l'âme et le souci de son soin. L'invention de l'invisible.
J.-P. S.

Albert Schweitzer parmi " les grands mystiques " du Point

Le Point, dans sa série "Références", a consacré un dossier aux "Grands mystiques", et compte parmi eux Albert Schweitzer.

Réaction de Jean-Paul SORG.

Satisfaction de voir La Vie de Jésus d'Albert Schweitzer évoquée sur deux pages, l'une de commentaire, l'autre de citations, dans le numéro janvier-février 2012 de la revue Le Point série Références, consacré aux " Grands mystiques " universels. Schweitzer n'a pas été ignoré. L'article et le choix des textes sont du pasteur Michel Cornuz, auteur d'un ouvrage Le Protestantisme et la Mystique. Entre répulsion et fascination (Labor & Fides, 2003).

Deux remarques critiques, cependant. La première, d'ordre bibliographique. Pour le principal texte de référence, des extraits du dernier chapitre de l'Histoire des recherches sur la vie de Jésus, on renvoie à la publication qui en fut faite en 1994 dans Études Théologiques et Religieuses. Traduction J. - P. Sorg. Très bien, mais l'auteur, Michel Cornuz, aurait trouvé l'intégralité du texte dans l'anthologie thématique Albert Schweitzer, Humanisme et Mystique, parue chez Albin Michel en 1995, une édition plus accessible, même si elle est épuisée depuis trois ans. En outre, le chapitre XIV de ce volume de 534 pages s'appelle " Mystique et raison "; son introduction et les textes afférents auraient fourni à l'auteur des éléments plus divers et plus précis pour son analyse que ceux dont il s'est servi.

La mystique selon Schweitzer, dénuée d'extases, sans rapport aucun avec le surnaturel, y est définie comme la conscience aiguë du… mystère de la vie. Glissement de mystère à mystique : c'est facile, c'est superficiel ? Plus profondément, chacun peut ressentir quelque chose comme une union mystique avec le tout lorsqu'il s'aperçoit que son action va dans le sens de la vie, en contribuant à la conserver et à la favoriser, lorsque sa volonté est sur le moment conforme à la volonté de vie qui traverse et pénètre la création.
Voilà une conception singulière, sobre, purement philosophique et ainsi laïque. Elle se trouve exposée dans l'ouvrage de 1923, Kultur und Ethik (" La civilisation et l'éthique "). On la distinguera de la mystique chrétienne de la relation à Jésus, telle qu'elle conclut l'examen critique de la Geschichte der Leben-Jesu-Forschung (l'" histoire des recherches sur la vie de Jésus "), ouvrage de 1906. C'est aux dernières phrases, surprenantes, toutes personnelles, de la "considération finale" de cet ouvrage que se reporte à juste titre M. Cornuz. Mais dans son explication il commet un incroyable contresens, caractéristique, me semble-t-il, d'une orthodoxie protestante qui affirme spontanément la divinité de Jésus (le Christ) et ne peut s'en tenir à la seule humanité du Jésus historique de Nazareth.

Schweitzer écrivait que "nous ne disposons d'aucun terme capable d'exprimer sa nature". Christologie négative, si vous voulez, et donc mystique par là, car nous laissant sans révélation en face du mystère. Il continuait : " C'est comme un inconnu, sans nom, qu'il [Jésus] vient vers nous, comme en son temps, sur les rives du lac de Tibériade, il s'était approché des hommes qui se tenaient là et ne savaient qui il était. Il nous dit la même parole qu'à eux : Toi, suis-moi… " M. Cornuz explique que " Schweitzer fait allusion à la rencontre des disciples avec le Ressuscité au bord du lac de Tibériade " - et de renvoyer à Jean 21, 4-8. Mais tout montre, et d'autres textes le corroborent, que Schweitzer avait en tête ici Matthieu 4, 18-22 (ou Marc 16-20). Nous nous trouvons au commencement du ministère de Jésus et celui-ci apparaît à quelques pêcheurs du lac de Tibériade comme un " inconnu ", effectivement, qui les subjugue par son charisme, mais à l'heure qu'il est nul ne peut savoir qu'il est le Christ (peut-être lui-même ne le sait-il pas). Si sa nature est divine, cela n'est pas encore révélé. Il ne s'agit donc pas du tout d'une rencontre ultime (qui serait pour le coup mystique ou surnaturelle) avec le Ressuscité. Il s'agit du commandement initial : " Suivez-moi, et je vous ferai pêcheurs d'hommes " (Marc 1, 17). C'est cela qu'entend Schweitzer dans le message de Jésus, qui vaut, pense-t-il, pour nous aujourd'hui. Nous avons à devenir des " pêcheurs d'hommes " à notre tour. C'est-à-dire : veillons autour de nous à ce que l'homme se reprenne et ne périsse pas…
"Jésus a soudé si étroitement l'une à l'autre religion et humanité qu'il n'y a plus de religion sans vraie humanité et que les devoirs de la vraie humanité ne se conçoivent pas sans religion". Ainsi Schweitzer s'était-il exprimé dans un sermon du 6 janvier 1905, à une période critique de sa vie où il dût décider de son engagement humanitaire dans les missions.
Il est significatif que le pasteur Michel Cornuz, tout occupé par le thème obligé de la mystique, ait étourdiment précipité Schweitzer dans une relation avec le " Ressuscité ", alors que selon lui, est-ce toujours une hérésie ?, l'homme historique Jésus constitue une réalité spirituelle suffisante pour induire une relation mystique de volonté à volonté, comme peut être toute relation humaine approfondie par l'amour.

Jean-Paul Sorg

Poème de Jacques Perrier:

A STRASBOURG LA VIVE

Strasbourg, mon poème et ma joie, nef de beauté,
En tes atours de printemps, tu fraies l’amour au cœur des femmes !
Et dans leurs courbes affectueusement enserrés, d’Ill en îles, et d’ils à elles à tire d’ailes, les bras de la rivière coulent doucement.

J'aime les arbres sur tes berges qui penchent leurs branches majestueuses comme des psaumes pour saluer les amoureux,

Et les cygnes, grands anges blancs, gardiens vigilants de tes eaux calmes où se mirent les jardins de mon âme,

Tes maisons aux colombages ventrus d’où s’exhalent, tel un vin de vigueur, les odeurs enivrantes des tables alsaciennes pour célébrer les amours naissantes,

Tes églises aux murs austères et aux toits pentus comme un accent circonflexe, et ta cathédrale de prières en dentelles de pierre,
Immenses vaisseaux qui résonnent des appels des prophètes,
Et d’où sortent tout juste Jean Calvin ou Martin Bucer à la suite d’un prêche enflammé,

Et tes marchés bigarrés nichés dans les brumes d’or de tes quais,
Entre l’antique pont de pierres violettes des Vosges et l’écluse d’un passeur romantique.

Tous ces sortilèges offerts à la beauté charment mon esprit et donnent à mon cœur un langoureux plaisir où flottent
Dans les douceurs vespérales de tes voiles comme un envoutant parfum d’asphodèles.

Strasbourg, fille des eaux et de la lumière,
Tes seules raisons de vivre semblent faites pour le bonheur des hommes, les transports de l’âme et la musique des cieux.

Ainsi de l’unité du genre humain, tu es le chantre de la paix, et de la justice l’auberge vigilante.

Jacques PERRIER. Dans le train Strasbourg Paris, le 24 mars 1995.

 

C'était :

Le 17 mars 2012 (au Ciarus 7 Rue Finkmatt à Strasbourg) : "Le protestantisme libéral en Alsace"

Le thème : La liberté de penser des philosophes du XVIIIè siècle ouvre la voie, au siècle suivant, à un travail historique et théologique plus fondamental. En France, les catholiques sortant du rang sont vite écartés. Du côté protestant, en Alsace, l'esprit libéral sera porté jusque dans les instances administratives de l'Eglise. Sur le plan théologique, l'ambition d'accéder au Jésus historique, souvent largement nourrie de projections psychologiques, va se trouver stoppée par le constat de Schweitzer établissant qu'il s'agit là d'une mission impossible. La rigueur imposée désormais aux théologiens, portera ses fruits au XXème siècle. Nous arrivons aujourd'hui à mieux cerner la personne de Jésus et donc, prendre en compte son engagement, fort de sa foi, au service de la vie.

Intervenants : Rainier BALTZ, membre de l'UPL : De la liberté de conscience des philosophes du XVIIIème siècle au courant libéral protestant.
Ernest WINSTEIN, Président de l'Union Protestante Libérale : Les théologiens libéraux de la fin du 19è s, d'après les "Schriften des protestantischen liberaler Vereins in Elsass-Lothringen".
Jean-Paul SORG, Ancien président de l'Association Française des Amis d'Albert Schweitzer : Albert Schweitzer, le libéral.

" Les textes des conférences, données à l'initiative de l'association protestante libérale fondée en 1889 qui les a publiés dans les " Schriften ", nous renseignent sur les positions théologiques libérales de la fin du XIXè siècle, mais aussi sur l'ambiance générale des Eglises d'Alsace. La volonté de retrouver le Jésus de l'histoire va donner dans l'impasse selon la mise au point d'A. Schweitzer, selon lequel une telle ambition est vaine. Passage obligé pour ouvrir le champ à des recherches plus fondamentales, notamment sur le plan de la critique textuelle, permettant de cerner la personne de Jésus et son enseignement." (E.W.)

"Les 15 et 22 janvier 1906 Schweitzer était invité par l'Union Protestante Libérale de Strasbourg à donner deux conférences à l'église Saint-Nicolas. Il venait de terminer la rédaction de la " Geschichte der Leben-Jesu-Forschung ". Le texte de ces deux conférences a été retrouvé et publié dans les œuvres posthumes. A) " Notre temps et la religion ". B) " Jésus et nous ".
Jean-Paul Sorg les résumera et les situera à la fois dans l'œuvre de Schweitzer et dans le contexte théologico-religieux de l'époque. Le protestantisme libéral a-t-il progressé en liberté depuis ?" (J.-P. S.)

Le 2 février 2012 : La violence : ce qu'en disent les écrits fondateurs du judaïsme, du christianisme et de l'islam " par Thierry LEGRAND,
Professeur d'Histoire des religions à la Faculté de Théologie Protestante de Strasbourg

La violence et ses manifestations font partie de l'humanité confrontée à son univers naturel et ses manifestations surnaturelles. Les textes fondateurs des grandes religions monothéistes (judaïsme, christianisme, islam) ne sont pas tombés du ciel, mais ils sont enracinés dans l'histoire et l'expérience humaine, faite de beauté et de créativité, de violence et de laideur...
Ces écrits anciens et vénérables révèlent ainsi toute leur ambivalence : ils sont les témoins d'une violence incroyable, mais ils sont aussi porteurs de messages de paix, d'amour et d'espérance.
Si l'on parle aujourd'hui volontiers de l'importance du fait religieux dans l'histoire et la société, il devient alors nécessaire de s'interroger sur son rapport à la violence.

Le 12 janvier 2012 : Le retour du christianisme social, par Jacques PERRIER, ancien président du CASP (Centre d'Action Sociale Protestant) de Paris

Dans un monde où le nombre des injustices, des guerres, et des atteintes de toutes sorte à l'intégrité et à la dignité ses personnes va sans cesse croissant; dans cette période de mutations accélérées que nous vivons où les déchirements du tissu social ne font que s'amplifier avec les outrances de l'économie de marché qui laisse sur le bord de la route un nombre considérable de nos contemporains, jusqu'à mettre à genoux les peuples eux-mêmes; quand 50 % de la population se partage 1% des ressources mondiales, et que 2% de la population possède 50% de ces ressources, ce qui est unique dans l'histoire de l'humanité, que peuvent dire et faire ceux qui essayent de suivre les messages du Christ et qui appartiennent au parti des hommes de bonne volonté ?

Café théologique du 8 décembre 2011, Strasbourg

Pardonner

Le débat du café théologique du mois de décembre 2011 a porté essentiellement sur la question du pardon dans les rapports interhumains.
Il a été souligné à plusieurs reprises que le pardon n'efface pas les faits, mais rend plus viable la situation dégradée des rapports entre personnes ayant causé et subi des préjudices.
Il n'y a pas d'obligation de pardon. D'ailleurs, pour être " reçu " le pardon doit être souhaité, désiré.
Le pardon ne remplace pas la justice. Il y a des actes injustes - impardonnables ! - pour lesquels la société se doit de placer des actes de justice.
Qu'apportent les considérations bibliques sur le pardon ? Que nos rapports avec Dieu nous renvoient l'écho de nos relations interhumaines. Le péché, défini comme une situation de rupture entre humains, (ou entre humains et Dieu) est le fait d'une injustice commise, ou d'un acte qui va à l'encontre de la volonté de vie que nous attribuons à Dieu - une façon l'aller à l'encontre de la volonté de Dieu et de causer la rupture de la relation à Dieu, cette rupture qui nous prive en même temps d'une image positive de nous-mêmes que Dieu seul peut rétablir.

Vous trouverez des éléments de théologie biblique en page "café théologique".
Le mensuel " Evangile et Liberté " a publié dans le numéro de décembre 2011, pp. 9-15, un très bon dossier sur le pardon. (Articles de Marie-Noëlle Duchêne, Louis Pernot, Camille Jean Izard, James Woody, Laurent Gagnebin).

 

Présentation du cycle de conférences 2011-2012

L'avenir et ses racines

"Notre société n'acceptera jamais de retourner en arrière" déclare un défenseur patenté du nucléaire (émission Alsace 20 du 23 octobre 2011).
Il est vrai que la "société" a pris ses habitudes... Notre système économique nous a "éduqués" à un tenir rythme de consommation effréné, jusqu'à l'absurde. La loi suprême devient le "je veux tout tout de suite" - n'allez surtout plus chercher la perceuse chez votre voisin, ayez la vôtre chez vous à portée de main ; ne sortez plus vos services de table que vous avez hérités et précieusement conservés, mais achetez design et tendance, et faites-le le plus souvent possible.
Force est de constater que nos civilisations technologiques basées sur une économie qui "tient" par la loi de la croissance positive n'ont plus d'avenir si elles ne changent pas d'orientation significative, le monde risquant de devenir de plus en plus dégradé et d'être de moins en moins viable. Continuer, comme si de rien n'était, risque de compromettre l'avenir de l'humanité.
Les changements nécessaires demandent à la fois une prise de conscience et une réelle volonté politique :
- une prise de conscience qui s'appuie sur une évaluation des risques de notre fonctionnement, basée sur les analyses aussi scientifiques que possible ;
- la volonté politique de mettre en oeuvre les nécessaires changements et qui ne s'incline pas devant des critères économiques qui se voudraient définitifs et immuables.

Une prise de conscience qui n'oublie pas l'humain
Notre travail dans le cadre de l'Union Protestante Libérale cherche à favoriser cette prise de conscience, en laissant à chacun le soin de définir ses engagements politiques. La pensée "libérale" à laquelle nous nous rattachons défend, rappelons-le, une libre réflexion en matière de spiritualité, basée sur des analyses scientifiques des textes dits fondateurs du christianisme, et suppose une émancipation par rapport à des dogmes qui s'imposeraient sans conditions. Elle nous amène, en toute logique, à analyser aussi les règles de fonctionnement du monde économique et à ouvrir une voie pour s'en émanciper et les transformer lorsqu'elles portent préjudice à la dignité humaine, ou même, mettent l'avenir de l'humanité en danger.
En favorisant la réflexion plutôt que le repli sur des systèmes qui nous enferment de façon telle que l'avenir risque d'être derrière nous, nous avons aussi le souci de rendre à l'adjectif "libéral" toute sa dimension humaine. Cela suppose des choix mais aussi des convictions :
Le progrès technologique est, en toute logique, au service de l'homme et du devenir de son espèce. Mais lorsqu'il évolue de façon irréfléchie, on ne peut plus l'appeler progrès. Par ailleurs, une vie épanouie n'est pas a priori le fait d'une satisfaction de besoins artificiellement créés. Enfin, le progrès ne dépend pas d'une croissance qui ne fait, aujourd'hui, que creuser le fossé entre ce qu'on appelle parfois encore les classes sociales. La surconsommation enchaîne plus qu'elle ne libère l'individu : jusqu'à faire descendre dans l'abîme ceux qui ne peuvent plus suivre le rythme de la société de consommation.

- Le débat sur le nucléaire (27 octobre) cherche à clarifier les enjeux du choix énergétique actuel et à trouver de nouvelles voies.
- La conférence sur la "théologie américaine du process" (29 novembre 2011) pose la question de l'engagement chrétien face à l'avenir.
- La conférence sur le christianisme social (12 janvier 2012) pose la question des changements de société nécessaires pour réduire les injustices et les atteintes à la dignité humaine.
- Le débat sur la violence dans les écrits fondateurs des grandes religions (conférence du 2 février 2012) veut nous aider à appréhender la situation d'aujourd'hui.
- Le colloque sur l'histoire du protestantisme libéral en Alsace nous permettra de retrouver certaines de nos racines pour mieux avancer dans notre réflexion actuelle.

Intégrer le passé et le présent pour ouvrir l'avenir
Nos engagements au niveau de l'Union Protestante Libérale ne font pas fi du passé. Nous cherchons à comprendre les doctrines chrétiennes et les doctrines économiques dans leur contexte historique. Ce passé, ce sont nos racines, elles donnent sève et vie à ce que nous entreprenons aujourd'hui. Nous en avons besoin, tel un arbre, pour construire l'avenir. Le passé est constitutif de notre identité. La conscience que nous avons du passé et de la réalité du monde d'aujourd'hui, de ses richesses, de sa beauté, des acquis qui font vivre, nous aide à nous en libérer, si besoin est, et, si la volonté s'allie à la logique, à envisager l'avenir avec espérance.
Les effets pervers du progrès d'aujourd'hui et l'intelligence que nous en avons, nous conduiront sans doute aussi, en certains domaines, à quelque retour en arrière.
Conscients de notre appartenance à l'humanité, conscients d'être liés par une destinée commune, nous nous engageons à faire tout notre possible pour laisser aux générations à venir un monde où qualité de vie et dignité humaine se conjuguent.

Ernest Winstein
Octobre 2011

 

C'était le 14 avril...

Jean-Brice Jost

Union Protestante Libérale / Ernest Winstein 31 Rue des Foulons F - 67200 Strasbourg ;

Tél. 06 10 92 92 42 Courriel : winstein@free.fr ou unionprotlib@free.fr

 

Dernière mise à jour le 17 avril 2012