Union Protestante Libérale
Vivre,
croire,
réfléchir,
avancer
- Marcher avec ceux qui marchent - ces migrants que nous sommes (Ernest Winstein)
- Avec l'homme Jésus (Ernest Winstein)
- Prière pour tous les temps (Ernest Winstein)
- L'Inconnu (Gilbert Greiner)
- Tout est accompli (Ernest Winstein)
- Attendre, en larmes et en joies (Nathalie Leroy-Mandart)
- Attendre (E.W.)
- Tu es là, à l'aube (Ernest Winstein)
- Noël, l'étincelle divine
- A Strasbourg la vive (Jacques Perrier)
Les dessins sont de Nathalie Leroy - Mandart
Ces migrants que nous sommes. Réflexion
Marcher avec ceux qui marchent
Partir
ou venir ?
Pour ceux qui restent, ils sont partis.
Pour ceux qui les voient venir, ils arrivent.
Sait-on où ils vont ? Et d'où ils viennent ?
Et puis, il y a ceux qui n'arrivent jamais. Parce qu'il n'y a pas de
terre promise.
Ceux qui sont toujours en route, parce qu'ils ont appris à vivre
ainsi.
Et ceux qui n'ont pas choisi de partir
Ils sont là, sans
retour, ni destination possibles.
Qui? Les migrants
Ceux donc, qui tracent leur destinée, ou qui arrivent, ceux qui voguent à leur insu, ou qui sont simplement là, au milieu de nous, sont-ils si différents de nous, les sédentaires ? De nous, qui sommes attachés à nos habitudes, notre gagne-pain, nos maisons, notre famille et nos amis ? Serions-nous - seraient-ils - d'une autre planète ?
Plus que jamais, même les sédentaires bougent et sont obligés de bouger. La médaille du travail récompense une stabilité qui n'est plus qu'une vague survivance, puisqu'il faut s'adapter sans cesse, être mobiles pour être performants et compétitifs. Lâcher des repères qui n'en sont déjà plus
Pourtant, migrants ou sédentaires, nous avons besoin de quelques abris qui nous permettent d'exister sans cette fuite perpétuelle et diabolique vers l'avant ; qui nous permettent d' " être ", tout simplement
Acceptons de savoir que nous ne pouvons jamais l' " être " qu'en ouverture à l'autre. Aux autres. En nous ouvrant à l'autre. En existant, dans la différence, mais ensemble.
Alors, migrant ou sédentaire, quels sont nos besoins communs, sinon d'avoir l'homme comme vis-à-vis. L'homme qui ne juge pas a priori. Que l'on ne juge pas a priori. D'être et de reconnaître l'homme qui sait puiser dans ses fonds du passé l'énergie et le vécu qui font vivre, et respecter en lui-même et en l'autre un même besoin identitaire. Au fond, faire ensemble un bout de chemin, chacun aidant l'autre à trouver son chez soi, à le découvrir, à le partager.
Ernest Winstein,
Avril 2009
Dieu.
C'est en l'homme Jésus que nous te découvrons.
En sa parole et ses engagements.
En écoutant l'enseignement du maître.
Nous te découvrons Dieu de vie.
Et tu nous fortifies du sentiment de ta présence.
Tu nous invites à nous mettre à ton service
en nous inspirant de l'exemple de la vie d'un homme
ouvert à la réalité du monde.
Lorsque
nous " montons " avec lui à Jérusalem en pensée,
Libère en nous l'enthousiasme des disciples.
Si, en Jésus, tu nous invites à un bonheur qui se construit,
Reste encore avec nous sur nos chemins escarpés.
Puissions-nous ne pas nous départir de ta confiance
Afin que, même dans l'épreuve, nous ne perdions pas la
nôtre.
Mais que nous prenions part à la vie nouvelle
Pour ouvrir et construire, avec toi,
l'espace d'un monde où chaque humain a sa place.
Ernest
Winstein
Rappelle-nous à ta force vitale
Dieu, qui est, qui était et qui vient.
Nous croyons que ton regard est posé sur nous.
Un regard, non pas inquisiteur
Mais de confiance et d'amour.
Un regard de lumière et de paix,
- pour peu que nous nous rendions à lui.
Nous célébrons
la vie,
cette vie si belle dont nous disons qu'elle vient de toi.
Pourtant, oh combien parfois, notre cur est dur.
Le vécu difficile, la souffrance même, jette sur la vie
son voile gris.
Nous nous accrochons à notre petit confort,
A nos repères dont nous soupçonnons la fragilité.
Rappelle-nous
à ta force vitale.
A l'unité de nous-mêmes, si vite perdue dans la mouvance
de la vie.
Affermis notre identité à ton image.
Elargis le champ de nos regards.
Appelle-nous hors de nos retranchements.
Ramène-nous à ton projet d'avenir pour notre terre,
- Tu nous y associes par la conscience et l'intelligence que tu as mises
en nous.
Rétablis dans ta paix,
et conscients de notre place dans le mouvement de la vie et du monde,
fais de nous des artisans sur le chantier de ton royaume.
Ernest
Winstein
(Juin
2008)
L'Inconnu,
assis à nos portes, nous inquiète, nous angoisse
Et nous pousse à nous réfugier dans le Connu
Parlant de Foi, Le Christ, vient à la rencontre de notre inquiétude
En thérapeute, Il nous invite à l'Ouverture, à
l'Inconnu
à la Vie.
Sa Parole se veut Promesse !
Sa Force permettra la "mise en route",
Nous serons, tel Abraham Le Croyant, des "En-routés "
Car croire en Christ et avec lui
Nous met en face de la nouveauté, de la Vie
Et non pas des liturgies du Passé.
Demain étant devant la porte,
Il nous faut nous y attaquer à deux mains
Et rouler les pierres des tombeaux anciens !
Les anges d'aujourd'hui, c'est nous.
Pareils aux juifs devant le tombeau de Lazare (Jean 11),
En l'absence de créatures de lumière,
C'est à nous de rouler les pierres et d'être porteurs de
lumière
Car contrairement aux idées reçues,
Il n'y a pas de serviteurs inutiles (Luc 17,10).
Envisager le Royaume de Dieu, le Royaume de la Vie et de l'Espérance
Avec ses conséquences éthiques est bel et bien de notre
ressort.
Au nom du Christ, qui nous dit, " je vis et vous vivrez aussi
" (Jn 14,19)
Il
nous faut aller "au-delà de
"
Pour être proche du vécu et des aspirations de nos contemporains,
Pour répondre à leur demande réelle, à leur
quête de Vie,
Les communautés se référant à l'enfant de
la crèche
Se doivent d'entendre l'Angoisse profonde des exclus d'aujourd'hui
Elles sont, à leur manière, l'Etoile accordant un horizon
Aux Bergers et Mages des temps modernes en quête d'une vie sensée
Gilbert GREINER - 2008

Tout est accompli lorsque lenfant paraît.
Le temps de lattente achevé.
Accomplie, la gestation.
Et pourtant, tout commence.
La vie vient se frayer un chemin
Pour vivre « sa » vie.
Vie de lêtre émergeant
A lécho de ses semblables
Les temps sont accomplis, à Bethléhem.
Une page se tourne, mais le livre reste ouvert
Labsence céleste nétait quapparente.
Tout commence, donc, quand tout est accompli !
La mort même, souvre au large
Réponse à lappel de linfini ?
La vie sébroue et continue.
Alors donc, écoutez le message de Noël,
Limpérieuse invitation à renaître à soi
Ici et maintenant.
Ernest Winstein, Décembre 2007

Un texte pour le temps de l'avent et de Noël
Attendre,
en larmes de joie....
« monono aouaré* » est le nom japonais donné à ce sentiment diffus que chacun peut éprouver : « monono aouaré » est la tristesse inhérente à la beauté des choses, ou encore à la beauté poignante des choses fragiles. Et ce trop plein de beauté peut submerger lindividu contemplatif dun sentiment de tristesse Ce sentiment de tristesse devient le languissement.(* Transcription phonétique)
Marie,
représentée en bleu, Joseph, en brun. Au milieu deux
une éclatante lumière. Celle dun tout petit être
enveloppé dans un drap blanc,
Celle dun tout petit être fragile impuissant à qui
lon fait porter la promesse
Sil ny avait pas de promesse, il ny aurait quillusion.
Lillusion est un rêve lorsque la promesse est projection
dans la réalité.
Un enfant va rentrer dans la réalité.
Sait-il
ce qui lattend ?
Quil est une lumière dans la nuit,
Quil est un cri dans le silence,
Quil est comme tout nourrisson, incapable de rien, totalement
dépendant,
Et pourtant,
Sait-il quil peut compter sur nous,
Quil représente lespoir ?
Sait-il
que nous lattendons ?
Monono aouré, et languissement
Sait-il que nous lattendons ?
Nathalie Leroy-Mandart 16 décembre 2007
"
J'ai devant toi une porte ouverte que nul ne peut fermer.
Je te garderai, moi aussi, à l'heure de l'épreuve.
Tiens ferme ce que tu as, afin que nul ne te prenne ta couronne
"
(Apocalypse 3, 8.10.11)
Attendre
Attendre quoi ?
Attendre
ce qui, de toute façon se produira ?
Temps perdu.
Passons à autre chose
Pendant ce temps.
Attendre,
alors que l'on n'est sûr de rien ?
Rien ? Moins que rien !
Mettons de côté,
L'on verra plus tard.
On ne sait pas quand
Attendre
le miracle ?
L'impossible.
Ou
attendre ce rien ?
Ce rien
Qui est tout.
Parce
qu'espérer le fait advenir.
Parce qu'en m'ouvrant à lui, il se met à exister.
Parce qu'en y mettant du mien, il prend corps.
Parce qu'en m'y attachant avec foi, il devient événement,
Ce presque
Rien
Qui advient
Pour ceux qui l'attendent.
L'événement
Se fait naissance,
Devient
Rencontre,
Rendez-vous,
Prend sens.
Nous le portons vers le futur.
Afin qu'il advienne.
Et le temps se fait jour.
Ernest Winstein
(2007)
(Pâques)
La
cohue des coléreux s'est tue.
Les juges se sont rassis.
Les soldats se sont lavé les mains.
Il est lourd, le silence après l'orage.
Honteuse, la bonne conscience.
Le
cri est retenu.
Puis se débride.
Terrible et puissant,
" Il est ressuscité ! "
Déjà
la nuit se déchire.
Tant et tant les puissants s'en défendent
Que le message traverse les royaumes.
Le monde entier, bientôt, en résonne.
De
ce Christ,
Jamais, ils ne seront débarrassés.
La vie répond à la mort.
La tendresse divine à la torture.
L'espérance à l'appel du condamné.
La vérité, jamais, ne sera muselée.
L'opprimé
reprend en écho le "j'ai soif".
Mais Torture et Souffrance
Ont perdu leur pouvoir.
C'est Pâques !
Ernest Winstein
Prière
Jésus,
Tu veux
que nous restions dans ta suite,
et que, sans surestimer nos forces,
nous agissions.
Tu veux
que nous marchions,
tant que la lumière
nous indique
que nous ne nous sommes pas trompé de chemin ;
tant que la force
que tu libères
en nous
fait échec au doute
ravageur.
Jésus,
mon maître,
lorsque la nuit tombe,
prends-nous encore avec toi,
auprès de
ton Seigneur
et ton Roi,
Jésus, mon frère.
Ernest
Winstein
(à la mémoire de Nathalie Winstein née
Bieler, 10 avril 2002)

Le ciel s'est ouvert
Nous fêtons Noël.
Nous fêtons la vie
Le ciel est partout.Nous fêtons l'homme
Nous fêtons l'enfant
Voie du Dieu
Qui vient à nous.Le ciel est ouvert
Plus de mystère
A ta présence
Le ciel rejoint la terre.Nous fêtons Jésus
Nous fêtons l'enfant
Nous fêtons l'homme
Nous fêtons Ta présence
Sur nos chemins.
Ernest Winstein
décembre 2004,en référence à Jean 1, 14a : " Le verbe a été fait chair "

Prière
Tu nous as fait prendre part au fil de la vie.
De
la vie qui vient de toi.
Tu ne permettras pas que ce fil se rompe.
Tu connais nos peurs et nos angoisses,
notre
petite foi et notre fatigue.
Tu connais aussi notre orgueil, nos préjugés,
notre manque de courage lorsqu'il s'agit de donner la place à la justice
ou de proclamer la vérité
et
de la défendre.
Relève-nous.
Viens toi-même nous re-créer
avec l'énergie de ton esprit
et
la clarté de ta sagesse.
Ernest Winstein

Prière
Au
milieu de la nuit,
alors que la mort nous fige,
tu allumes un feu.
Notre humanité assourdie
tressaille d'une présence.
Encore, tu souffles sur nous.
Et la braise se ranime.
Ils
sont là,
ceux qui veillaient
Ils sont là,
ceux qui espéraient.
Et ceux qui sont tombés,
Tu ne les oublies pas.
Déjà
l'écorce est percée
et l'aube naissante éveille
et réveille.
Le feu de ton esprit
allume nos vies ouvertes à toi.
Le
flambeau est allumé.
Nous le portons maintenant.
Il n'est pas éteint,
le flambeau du maître,
le flambeau de la vie.
Ernest Winstein
Le « magnificat », chant de louange mis dans la bouche de Marie (Luc 1,46-53), célèbre Dieu parce quil rejoint l'être humain dans sa chair, pour lui ouvrir une perspective.Marie, aux yeux de lévangéliste Luc, a reconnu en son fils Jésus létincelle divine. Dès lors, sa propre vie prend une nouvelle dimension. En son fils, elle se regarde comme dans un miroir et découvre quen elle-même, en sa vie, Dieu avait mis cette étincelle depuis longtemps.
En reprenant à notre compte le « magnificat » nous confessons que notre vie est une réalité, non pas statique, mais en devenir. Nous célébrons la destinée divine de chaque humain. Avec Marie, la contemplative qui se risque, nous devenons prophètes de Dieu, porteurs du message despérance qui inclut la justice, la dignité humaine. Avec elle, nous acceptons de nous impliquer, de nous risquer à notre tour, de nous engager.
Ernest Winstein
Strasbourg, mon poème et ma joie, nef de beauté,
En tes atours de printemps, tu fraies lamour au cur des femmes !
Et dans leurs courbes affectueusement enserrés, dIll en îles, et dils à elles à tire dailes, les bras de la rivière coulent doucement.
J'aime les arbres sur tes berges qui penchent leurs branches majestueuses comme des psaumes pour saluer les amoureux,
Et les cygnes, grands anges blancs, gardiens vigilants de tes eaux calmes où se mirent les jardins de mon âme,
Tes maisons aux colombages ventrus doù sexhalent, tel un vin de vigueur, les odeurs enivrantes des tables alsaciennes pour célébrer les amours naissantes,
Tes églises aux murs austères et aux toits pentus comme un accent circonflexe, et ta cathédrale de prières en dentelles de pierre,
Immenses vaisseaux qui résonnent des appels des prophètes,
Et doù sortent tout juste Jean Calvin ou Martin Bucer à la suite dun prêche enflammé,Et tes marchés bigarrés nichés dans les brumes dor de tes quais,
Entre lantique pont de pierres violettes des Vosges et lécluse dun passeur romantique.Tous ces sortilèges offerts à la beauté charment mon esprit et donnent à mon cur un langoureux plaisir où flottent
Dans les douceurs vespérales de tes voiles comme un envoutant parfum dasphodèles.
Strasbourg, fille des eaux et de la lumière,
Tes seules raisons de vivre semblent faites pour le bonheur des hommes, les transports de lâme et la musique des cieux.Ainsi de lunité du genre humain, tu es le chantre de la paix, et de la justice lauberge vigilante.
Jacques PERRIER. Dans le train Strasbourg Paris, le 24 mars 1995.