Union Protestante Libérale

 

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Nos rencontres - Publications - Rétrospectives

L'UPL propose un terrain de débat, de dialogue, où les opinions sont respectées et où l'on accepte de les discuter. Les responsables ont le souci de mener ces débats en référence aux résultats des recherches les plus sérieuses sur la Bible, faites avec toute la liberté nécessaire à un travail scientifique. Une meilleure connaissance de l'émergence des textes bibliques, notamment, permet de mieux cerner la foi des témoins de la Bible, à commencer par celle de l'homme Jésus de Nazareth, et encourage à vivre notre foi avec sincérité et dans la liberté.

 

 

Programme de la saison 2012 - 2013

Conférences et colloque - Café théologique

 

Jeudi 18 octobre 2012 à 20h00 au Ciarus 7 Rue Finkmatt, 1er étage - Strasbourg
Conférence

Klaas HENDRIKSE : " Croire en quel Dieu ? "
Pasteur néerlandais, Klaas Hendrikse est l'auteur de "Croire en un Dieu qui n'existe pas", (traduction française aux Editions Labor et Fides en 2011), et "Dieu n'existe pas, et Jésus est son fils" (2011)
La traduction sera assurée par Florence et Peter Van der Heijde.
Le sujet : Dans la bataille entre les attaquants athées et les défenseurs chrétiens, Hendrikse ramasse les pierres que les deux groupes se jettent mutuellement, et il en construit une maison dans laquelle les " athées ou croyants qui doutent " peuvent trouver un endroit où il fait bon vivre.

 

Jeudi 29 novembre 2012 à 20h15 en la salle paroissiale de Saint-Mathieu (près du pont d'Anvers):
Conférence

Pierre PRIGENT : " Le Jésus des Ecritures et le Jésus historique. A propos du livre " Des paroles de Jésus à la Bible ".
Professeur émérite de la Faculté de Théologie Protestante de Strasbourg, Pierre Prigent a publié de nombreux ouvrages, notamment un commentaire du livre de L'Apocalypse et, récemment, " Des paroles de Jésus à la Bible. L'Eglise des années 100 à 250 " (aux éditions Olivétan, décembre 2011).
Le sujet : Les témoignages non chrétiens assurent que Jésus a vécu et qu'il est mort crucifié. Les évangiles, écrits par et pour des chrétiens, sont évidemment marqués par la foi de leurs auteurs. Un travail d'historien permet d'en dégager de nombreux renseignements sûrs: les grands contours d'une vie de Jésus se dessinent. Mais le chercheur découvre alors que le portrait qui apparaît n'a sa véritable valeur que pour celui qui partage la foi des premiers disciples.

 

Jeudi 17 janvier 2013 à 20h30 à l'AUP (Aumônerie universitaire protestante) 7, Avenue de la Forêt-Noire à Strasbourg

Conférence de Henri PERSOZ, sur le thème de son ouvrage : "La résurrection des morts est-elle encore pensable ?"

" Pour de nombreuses personnes aujourd'hui le christianisme est centré sur la croyance en une vie au-delà de la mort. Les textes des Évangiles sont d'une extrême sobriété à propos de la résurrection de Jésus Christ mais ils le sont davantage encore à propos de la résurrection des morts. Pour Henri Persoz, le thème de la résurrection des morts est secondaire à l'intérieur de la foi chrétienne où le plus important concerne le soin à accorder aux personnes vivantes sur cette terre. "
Henri Persoz, ancien Vice-président d'Evangile et Liberté, est l'auteur de "Impensable Résurrection", éd. Passiflores, 2012, et de "Enquête sur Paul et Jésus - Pourquoi Paul cite-t-il si peu les paroles du Christ?", édité par le Foyer de l'Âme, Paris, 2001.

 


Samedi 16 mars 2013 de 9h à 12h15 et de 14h15 à 17h30 au Ciarus 7 Rue Finkmatt à Strasbourg.

Inscriptions auprès de l'UPL pour le 1er mars : Participation aux frais de 10€ pour la journée à régler lors de l'inscription : participation journalière par personne, comprenant toutes les conférences et les pauses café. Déjeuner possible au Ciarus à la carte.

Colloque

" Religions et pouvoir politique "

Dans le contexte romain, religion et pouvoir politique tenaient d'une même essence ; c'était aussi le cas du judaïsme de l'époque de Jésus. Si le christianisme naissant se développait plutôt en marge de ce phénomène, les persécutions montrent que Rome flairait un danger politique. La menace est écartée par Constantin. Mais pour quelle alternative ? Sinon de reproduire le modèle ancien avec le christianisme…
Aujourd'hui, dans nos pays d'Europe, après l'émancipation et de la pensée et des pouvoirs temporels par rapport aux pouvoir religieux, les religions sont-elles définitivement confinées dans le domaine privé ? Peut-on parler de valeurs communes entre religions, laïcité, politique ?

1ère partie :
"Religion et pouvoir politique dans l'antiquité juive, romaine, chrétienne ".
En liaison avec le laboratoire de Recherche de l'UMR 7044 (Unité Mixte de Recherche Etudes des civilisations de l'Antiquité), Université de Strasbourg

9h Accueil
Introduction : " Religion juive et pouvoir au temps de Jésus. Le projet politico-religieux de Jésus", par Ernest WINSTEIN, Président de l'UPL.
9h30 " Religion et pouvoir dans la Rome antique ", par Michel HUMM, professeur à la Faculté des Sciences Historiques de l'Université de Strasbourg, Institut d'Histoire romaine.
Le christianisme est né dans un monde "romain" où religion et pouvoir constituaient les deux faces d'une même médaille. À Rome, la religion était de nature essentiellement politique et sociale, car il s'agissait avant tout d'une religion ritualiste et non dogmatique : la tradition religieuse des Romains leur prescrivait des rites à accomplir, et non des choses auxquelles croire ; chacun restait donc libre de comprendre et de penser les dieux ainsi que le système du monde comme il l'entendait. De plus, la mise en place du régime de type monarchique appelé "Principat" s'appuya sur de nouveaux cultes et de nouvelles pratiques religieuses destinées à renforcer le lien entre le Prince et les citoyens d'un empire devenu universel.
10h45 "L'évolution des relations entre Église et Empire romain, en Orient et en Occident, appréhendée à travers la question du privilège du for religieux et de ses vicissitudes ", par Olivier HUCK, Maître de conférence d'Histoire romaine, Université de Strasbourg.
À travers l'analyse d'une série de lois impériales relatives à la question du privilège du for religieux, la communication s'efforcera de mettre en lumière, pour chacune des deux parties de l'Empire, et à différentes époques, la nature des relations (coopération, collusion, voire interpénétration pure et simple ou, au contraire, opposition) qui avaient cours, entre les représentants du pouvoir temporel d'une part, et les hauts dignitaires religieux, de l'autre.

2ème partie
" Religion et politique aujourd'hui ".

13h45 Introduction : " Foi chrétienne et engagement politique aujourd'hui. Sur quoi repose un engagement civique du chrétien ", par Ernest Winstein
Dans nos pays européens, le pouvoir décisionnel quant au devenir de la société est passé des mains de la religion chrétienne aux politiques élus démocratiquement. Quelle est alors la place des religions dans le devenir de la société ? Elles sont officiellement confinées dans le domaine privé. A quoi sert une doctrine sociale de l'Eglise ? Les chrétiens sont-ils tentés de voir le monde à travers un catalogue moral et de valeurs ou de vivre selon des choix qu'ils mettent en pratique, sous-tendus par des principes inspirés par le message évangélique et l'exemple de l'engagement de Jésus pour un meilleur vivre-ensemble ?
14h15, "L'autonomie du politique, un défi pour le christianisme/les religions ?"
par Frédéric Ruscher, agrégé de philosophie, membre de l'UPL.
L'engagement civique du chrétien et, parallèlement celui d'autres croyants, est-il possible dans le respect de l'autonomie de la politique ? Quel est le statut et le but propre et limité du politique? La religion est-elle prête à accepter l'autonomie de l'entreprise politique ? Quelles formes peut alors prendre l'engagement de ses fidèles ?

15h30 Table-ronde avec la participation d'élus : " Nos valeurs de référence et leur mise en pratique "
Valeurs religieuses, valeurs politiques, valeurs laïques : Différences. Incidences. La société a-t-elle des valeurs communes ? D'autres pouvoirs dans la société et le monde économique mettent-ils en avant les mêmes valeurs ? Peut-on parler de valeurs universelles ? Sur quels principes trouvons - nous un accord ?....pouvons-nous tomber d'accord ?
Avec Andrée Buchmann, Conseillère régionale, Vice-Présidente de la CUS ; Catherine Trautmann, Députée européenne, Frédéric Reiss, Député, Marc Teychenne, Conseiller municipal d'Eckbolsheim, Kadir Guzle, Conseiller municipal d'Obernai, sollicités.
Conclusion : Religions et politique au service du vivre-ensemble.
Si les rapports entre religions et pouvoir politique ont changé, les principes qui les guident demeurent. L'attitude politique du croyant se définit alors comme une attitude éthique, basée sur le respect et la recherche de valeurs communes à toutes les composantes de la société. C'est dans cet esprit qu'il se sentira invité à prendre part au devenir de la société humaine.
17h30 : Clôture

 

Mardi 14 mai 2013 à 20h à l'AUP 7, Avenue de la Forêt-Noire à Strasbourg
Conférence-débat :

Philippe Kah : " Paul, Apôtre ou déviationniste ? Fondateur du christianisme ou déconstructeur du projet de Jésus "

Introduction au débat : Positionnement d'Etienne Trocmé, dans " Saint Paul " (2003)

Philippe KAH est membre du comité de l'UPL.


Lundi 4 juin 2013 à 18h30 : Assemblée générale de l'UPL à l'AUP 7, Avenue de la Forêt-Noire à Strasbourg

 

Un culte musique et danse

avec la participation de Dana PEREZ sera organisé en 2013 par la paroisse protestante de Lauterbourg dans le cadre du 125è anniversaire de l'église " Pulverkirche ". La date sera communiquée par voie de presse.

Notez aussi

Colloque anniversaire Albert Schweitzer organisé par l'Association française des Amis d'Albert Schweitzer (Afaas) le samedi 22 mars à Strasbourg.

 

Café théologique

  • 6 décembre 2012 - Thème : Job, l'homme révolté (introduction par le Dr Jacques Richard)
  • 10 janvier 2013
  • 7 février 2013
  • 7 mars 2013
  • 4 avril 2013
  • 6 juin 2013

Le café théologique se tient de 18h30 à 20h au Café-brasserie Le Michel 20 Avenue de La Marseillaise à Strasbourg

Les thèmes 2011-2012 étaient :
  • Jeudi 10 novembre 2011. Thème : Le respect du vivant. Introduction par Jean J.)
  • Jeudi 8 décembre 2011. Thème : Pardonner. Introduction par J-Brice Jost et Ernest Winstein
  • Jeudi 19 janvier 2012. Thème : Dangers et bienfaits de la religion. Introduction par Ivan Segura
  • 9 février 2012. Thème : Qu'est-ce qui empêche la paix du coeur? Introduction par Denise Haas.
  • Jeudi 8 mars 2012. Thème : Y a-t-il une spritualité sans Dieu?
  • Jeudi 12 avril 2012. Thème : Résurrection. Mythe ou réalité ?
  • Lundi 14 mai 2012. Thème : Jésus et le statut de la femme
  • Jeudi juin 2012. Thème : Jovanovic, Le plus grand mensonge de l'histoire. Présenté par Philippe Kah.
  • Jeudi 5 juillet 2012. Thème : Rousseau, précurseur du protestantisme libéral ? Introduction par Jacques Richard.
  • Jeudi 6 septembre 2012. Thème : La quintessence de l'enseignement de Jésus. Introduction par Ernest Winstein
  • Jeudi 4 octobre 2012 - Thème : La foi. Introduction par Gérard Chabanne.
  • Jeudi 8 novembre 2012 - Thème : L'amour à Travers la Bible Introduction Michèle Zuber.
Renseignements : Union Protestante Libérale, Ernest Winstein, président 31 Rue des Foulons F 67200 Strasbourg Tél. 06 10 92 92 42 ou 03 88 12 36 03 ; courriel : unionprotlib@free.fr
Le site de l'UPL : http://unionprotlib.free.fr

L'objectif de l'Union Protestante Libérale
"L'Union Protestante Libérale (U.P.L.) offre à tous ceux qui ont le souci d'un libre débat respectant les convictions, des occasions de rencontres et d'échange, tant sur les questions de société que sur des questions de foi, s'appuyant sur des recherches théologiques fondamentales systématiques."

(Article 2 des nouveaux statuts adoptés en assemblée générale le 7 avril 2003).

 


Les publications de l'UPL

(peuvent être commandées au siège de l'UPL, à l'adresse du président Ernest Winstein 31 Rue des Foulons 67200 Strasbourg)

" Emergence et devenir des religions" Novembre 2012, 172 pages

Coût 12 euros + frais d'envoi :2, 40€

 

" L'humanité de Jésus "

Recueil des textes des conférences du colloque des 29 et 30 mars 2008 à Strasbourg (Evangile et Liberté - Union Protestante Libérale de Strasbourg). 2009. (Coût 8€ + frais d'envoi : 2,40€ ).

Contributions de :
Ernest WINSTEIN, " Jésus et le Judaïsme de son époque à l'exemple de sa position sur la Loi " (Jésus a-t-il promulgué une nouvelle loi ?), Jean-Paul SORG, " Jésus vu par Albert Schweitzer ", André GOUNELLE, " Le Christ, être nouveau ", " la résurrection ", " la foi et la vie chrétienne ", Frédéric ROGNON, " Jésus postmoderne ?".
Les réflexions et recherches des chercheurs et penseurs contemporains nous permettent d'approcher, même si l'entreprise est difficile, la personne du Jésus historique, de mieux saisir l'engagement concret du maître de Nazareth auprès de son peuple et, donc, d'être interpellés par lui quant à notre engagement dans le monde d'aujourd'hui. Bénéfique retour aux sources pour qui ose déposer quelques a priori ou formules traditionnelles sur le " sauveur ", le " rédempteur ", le " fils de Dieu ",...).

 

Les "Annales n° 4"

Contributions

de Philippe KAH (Giordano Bruno, tel Jésus, coupable de liberté),

Claude CONEDERA (Tillich)

et Ernest WINSTEIN (Le projet "politique" de Jésus).

Participation aux frais : 5€ (+ frais d'envoi 1.45€).

Vous trouvez un bulletin de commande en page 2

Rétrospective

 

Le 17 janvier 2013 à l'AUP à Strasbourg : Conférence de Henri PERSOZ : " La résurrection des morts est-elle encore pensable?"
" Pour de nombreuses personnes aujourd'hui le christianisme est centré sur la croyance en une vie au-delà de la mort. Les textes des Évangiles sont d'une extrême sobriété à propos de la résurrection de Jésus Christ mais ils le sont davantage encore à propos de la résurrection des morts. Pour Henri Persoz, le thème de la résurrection des morts est secondaire à l'intérieur de la foi chrétienne où le plus important concerne le soin à accorder aux personnes vivantes sur cette terre. "
Henri Persoz, ancien Vice-président d'Evangile et Liberté, est l'auteur de "Impensable Résurrection", éd. Passiflores, 2012, et de "Enquête sur Paul et Jésus - Pourquoi Paul cite-t-il si peu les paroles du Christ?", édité par le Foyer de l'Âme, Paris, 2001.

 

Le 18 octobre 2012 à Strasbourg : Rencontre avec Klaas HENDRIKSE : Croire en quel Dieu?

Une soixantaine de personnes avaient répondu, le 18 octobre à, l'nvitation de l'Union Protestante Libérale de Strasbourg. Klaas Hendrikse a exposé les idées force de ses deux livres "Croire en un Dieu qui n'existe pas", (traduction française aux Editions Labor et Fides en 2011), et "Dieu n'existe pas, et Jésus est son fils" (2011).
"Dans la bataille entre les attaquants athées et les défenseurs chrétiens, Hendrikse ramasse les pierres que les deux groupes se jettent mutuellement, et il en construit une maison dans laquelle les " athées ou croyants qui doutent " peuvent trouver un endroit où il fait bon vivre."

Ses idées forces : Dans son premier ouvrage "Croire en un Dieu qui n'existe pas", Klaas Hendrikse développe entre autres l'affirmation que Dieu est autre chose que ce que nous en pensons habituellement. Il n'est pas un être qui intervient d'en-haut. Il n'"existe" pas, mais Il peut se produire, surgir dans certaines circonstances, Il est une expérience humaine. Dans ce livre, l'auteur ne parle pas de Jésus, sauf pour dire qu'on n'a pas besoin de Jésus pour croire en Dieu.
Dans son nouveau livre, Hendrikse explique comment, à ses yeux, Jésus nous "sauve", c'est-à-dire nous rend libres par son message et son exemple (et non pas par sa mort horrible). Certes, d'autres (Socrate, Gandhi, etc.) ont porté et vécu un message analogue, mais Jésus reste l'exemple par excellence. La relation entre Jésus et Dieu n'est pas abordée. Peter Van der Heijde

Klaas Hendrikse :
" La plupart des gens ont été élevés dans l'idée que le fait de croire en Dieu impliquait à peu près automatiquement de croire aussi que Dieu existe. Mais la plupart de ces personnes ont tout laissé tomber depuis longtemps ou, à tout le moins, elles éprouvent des doutes. Ce que je voudrais dire, c'est que pour croire en Dieu, il n'est pas nécessaire de croire qu'il existe.
Bible en main, je donne raison aux athées - Dieu n'existe pas, et tout en pointant un doigt accusateur envers l'Eglise, j'affirme que ce que les Eglises appellent Dieu constitue un malentendu historique : ce Dieu-là n'a jamais existé. La plupart des Eglises reposent sur un fondement païen".
Qu'entend-t-on par " croire en un Dieu qui n'existe pas " ?
- "M'appuyant sur la Bible, j'appelle Dieu " ce qui accompagne les gens qui sont en route ". C'est pour cette raison que je dis que Dieu n'existe pas, mais qu'il se produit, ou qu'il peut se produire. Les hommes sont donc nécessaires ; sans eux, Dieu n'est nulle part. Dieu est alors bien ancré dans le monde, et il est " quelque chose qui est plus grand que nous, mais qui, sans nous, ne peut pas être ".
K.H. Traduction par Van der Heijde

 

Le 17 mars 2012 au Ciarus
Colloque : " Le protestantisme libéral en Alsace -
Le thème : La liberté de penser des philosophes du XVIIIè siècle ouvre la voie, au siècle suivant, à un travail historique et théologique plus fondamental. En France, les catholiques sortant du rang sont vite écartés. Du côté protestant, en Alsace, l'esprit libéral sera porté jusque dans les instances administratives de l'Eglise. Sur le plan théologique, l'ambition d'accéder au Jésus historique, souvent largement nourrie de projections psychologiques, va se trouver stoppée par le constat de Schweitzer établissant qu'il s'agit là d'une mission impossible. La rigueur imposée désormais aux théologiens, portera ses fruits au XXème siècle. Nous arrivons aujourd'hui à mieux cerner la personne de Jésus et donc, prendre en compte son engagement, fort de sa foi, au service de la vie.

Intervenants :

Rainier BALTZ, membre de l'UPL : De la liberté de conscience des philosophes du XVIIIème siècle au courant libéral protestant.
Ernest WINSTEIN, Président de l'Union Protestante Libérale : Les théologiens libéraux de la fin du 19è s, d'après les "Schriften des protestantischen liberaler Vereins in Elsass-Lothringen".
Jean-Paul SORG, Ancien président de l'Association Française des Amis d'Albert Schweitzer : Albert Schweitzer, le libéral.

E. Winstein : Les textes des conférences, données à l'initiative de l'association protestante libérale fondée en 1889 qui les a publiés dans les " Schriften ", nous renseignent sur les positions théologiques libérales de la fin du XIXè siècle, mais aussi sur l'ambiance générale des Eglises d'Alsace. La volonté de retrouver le Jésus de l'histoire va donner dans l'impasse selon la mise au point d'A. Schweitzer, selon lequel une telle ambition est vaine. Passage obligé pour ouvrir le champ à des recherches plus fondamentales, notamment sur le plan de la critique textuelle, permettant de cerner la personne de Jésus et son enseignement.

J.P. Sorg : Les 15 et 22 janvier 1906 Schweitzer était invité par l'Union Protestante Libérale de Strasbourg à donner deux conférences à l'église Saint-Nicolas. Il venait de terminer la rédaction de la " Geschichte der Leben-Jesu-Forschung ". Le texte de ces deux conférences, "Notre temps et la religion" et "Jésus et nous", a été retrouvé et publié dans les œuvres posthumes.

Le 2 février 2012 :

Thierry LEGRAND, " La violence : ce qu'en disent les écrits fondateurs du judaïsme, du christianisme et de l'islam ".

La violence et ses manifestations font partie de l'humanité confrontée à son univers naturel et ses manifestations surnaturelles. Les textes fondateurs des grandes religions monothéistes (judaïsme, christianisme, islam) ne sont pas tombés du ciel, mais ils sont enracinés dans l'histoire et l'expérience humaine, faite de beauté et de créativité, de violence et de laideur...
Ces écrits anciens et vénérables révèlent ainsi toute leur ambivalence : ils sont les témoins d'une violence incroyable, mais ils sont aussi porteurs de messages de paix, d'amour et d'espérance.
Si l'on parle aujourd'hui volontiers de l'importance du fait religieux dans l'histoire et la société, il devient alors nécessaire de s'interroger sur son rapport à la violence.
Thierry Legrand est Professeur d'Histoire des religions à la Faculté de Théologie Protestante de Strasbourg.

Le 12 janvier 2012 :

Jacques PERRIER, Le retour du christianisme social.

Dans un monde où le nombre des injustices, des guerres, et des atteintes de toutes sorte à l'intégrité et à la dignité ses personnes va sans cesse croissant; dans cette période de mutations accélérées que nous vivons où les déchirements du tissu social ne font que s'amplifier avec les outrances de l'économie de marché qui laisse sur le bord de la route un nombre considérable de nos contemporains, jusqu'à mettre à genoux les peuples eux-mêmes; quand 50 % de la population se partage 1% des ressources mondiales, et que 2% de la population possède 50% de ces ressources, ce qui est unique dans l'histoire de l'humanité, que peuvent dire et faire ceux qui essayent de suivre les messages du Christ et qui appartiennent au parti des hommes de bonne volonté ? Jacques Perrier est ancien président du CASP/Centre d'Action Sociale Protestant de Paris

Le 29 novembre 2011 :

Roger FOEHRLE, "L'avenir en action. La théologie dite du Process (John Cobb).
En Process Theology, ce n'est pas Dieu qui impose un avenir ou une activité à l'homme ou à la création. Le futur sera évidemment influencé par ce qui se passe aujourd'hui, mais il reste pourtant indéterminé, car l'homme reste libre dans ses choix dans la réponse qu'il donne aux possibilités offertes par Dieu.
Roger Foehrlé est pasteur et membre de l'UPL.

Le 27 octobre 2011 au Ciarus à Strasbourg - dans le cadre de " Protes'temps forts 2011"

Table ronde : " Au nom des générations futures, sortir du nucléaire ? " Intervenants :

Ernest WINSTEIN, Président de l'UPL, Etat des lieux. Aux origines, le nucléaire militaire
Jean-Paul SORG, philosophe, spécialiste des œuvres d'Albert Schweitzer : "Schweitzer et l'arme atomique"
Jean-Marie BROM, physicien au CNRS et porte-parole du réseau " sortir du nucléaire " : "Considérations objectives en faveur d'une sortie du nucléaire"
Gilbert GREINER, Vice-Président de l'UPL, modérateur.
Le thème : Notre conscience de la dangerosité du nucléaire (militaire et civil) s'émousserait si des accidents graves ne nous rappelaient à la réalité... Les générations présentes semblent plutôt s'accommoder de la présence de quantité de centrales nucléaires -ne faut-il pas préserver notre confort? Mais demain, pour les générations à venir, le monde sera-t-il viable ?

Le 14 avril 2011 :

Champs croisés entre politique, philosophie et religion(s), par Jean-Brice JOST :

Quelles sont les lignes de convergence entre ces trois domaines. Il apparaît dans un premier temps que la philosophie, le juridico-politique et les religions appartiennent, en sus des arts et des sciences, aux grandes pocédures génératives de culture. De plus, ces activités ont en commun de se préoccuper de la quête de sens, de la recherche du salut ainsi que de la spiritualité au sens large, c'est-à-dire de l' activité de l'esprit.

C'est donc le point de vue du philosophe que J-B Jost a exposé, le 14 avril 2011, alors que nous arrivions au terme de notre programme 2010-2011 placé sous le thème général de " l'émergence et du devenir des religions".

Jean-Brice JOST, docteur en médecine à Strasbourg, est féru de philosophie et co-animateur du café philo qui se tient chaque mercredi au café Michel à Strasbourg.

Le 26 mars 2011 au Ciarus à Strasbourg :
Le colloque "Des tentatives universalistes à l'émergence d'une religion humaniste?"
Un regard critique sur les religions permet de mettre en lumière les valeurs fondamentales qui s'y rattachent et de s'interroger sur leur actualité. Une telle approche ne cherche pas à conclure à leur inutilité, ou les cibler comme obsolètes, mais encouragera ceux qui s'y rattachent à s'interroger sur leurs positions lorsque celles-ci paraissent immuables et définitives, et à se rejoindre dans une même volonté de donner un avenir à l'humanité, d'oeuvrer à l'épanouissement de la vie, et d'en défendre la dignité.
Ralph STEHLY, Professeur d'histoire des Religions à la Faculté de Théologie protestante de Strasbourg, Tentatives universalistes des grandes religions (à l'exemple de l'hindouisme et de l'islam).
Il y a de nombreuses voies vers l'universalisme. Nous voudrions présenter dans cette communication la stratégie de deux religions qu'a priori tout oppose: l'hindouisme, vieille religion ethnique indo-européenne, fortement encadrée par la classe sacerdotale des brahmanes, croyant en la réincarnation et en la médiation des représentations figurées, et l'islam, la plus jeune des grandes religions mondiales, sans sacerdoce, farouchement monothéiste , iconoclaste et croyant comme ses deux devancières sémitiques en la résurrection et au Jugement
dernier.
Jean-Paul SORG, Président de l'Association Française des Amis d'Albert Schweitzer : La religion est-elle statique ou évolutive ? Albert Schweitzer et son approche critique de la religion.
Étant une réalité humaine, donc historique, chaque religion se transforme, sans doute, mais évolue-t-elle vraiment et dans quel sens ? Le sens d'une « démythologisation » croissante, avec réduction du surnaturel ? A-t-elle pour fin, en se sécularisant, de devenir plus en plus clairement éthique et de tendre vers un humanisme ? Le pasteur Schweitzer disait prendre le droit d'être un hérétique. Est-ce par son action humanitaire, sortie du cadre missionnaire, et sa philosophie du respect de la vie qu'il a payé ce droit ?
Ernest WINSTEIN, Président de l'Union Protestante Libérale : Pour une religion humaniste.

Au-delà des phénomènes religieux à la mode aujourd’hui, une vision humaniste, dépouillée de dogmes et de rites inutiles, ouverte aux
questionnements philosophiques, religieux socio-économiques, scientifiques et soucieuse de l’avenir de l’humanité est, aujourd'hui, plus que jamais requise. Les religions monothéistes sont-elles capables d’une telle évolution ou faut-il militer pour une nouvelle religion humaniste?

Le 11 février 2011 :

La religion, à quoi ça sert? par Frédéric ROGNON, Professeur de Philosophie des religions à la Faculte de Théologie Protestante de Strasbourg.
Le questionnement :
La religion, à quoi ça sert? A partir de cette formule quelque peu provocatrice, qui semble réduire les religions à leur dimension instrumentale, Frédéric Rognon a examiné les diverses fonctions (physiologiques, psychologiques, économiques, sociales, anthropologiques, sémiologiques) de la religion.

Frédéric Rognon est professeur de Philosophie des religions à la Faculté de Théologie protestante de Strasbourg. Il est l'auteur d'une thèse de doctorat en ethnologie. Entre autres engagements, Frédéric Rognon est membre du groupe "Ethique et Droits de l'Homme" de l'Université de Strasbourg et chef du projet de recherche "La gestion institutionnelle du pluralisme religieux". Il est l'auteur, entre autres publications majeures, du livre "Gérer les conflits dans l'Eglise" (2006) et d'un ouvrage sur Jacques Ellul (2007). Frédéric Rognon a donné une conférence dans le cadre du colloque de l'Union Protestante Libérale sur l'"Humanité de Jésus" en 2008.

Le 20 janvier 2011 : Ernest WINSTEIN : Emergence et enjeux du christianisme.

L'un des soucis majeurs de Jésus devenu le messie potentiel était l'indépendance de son pays. L'échec de ce projet "politico-religieux" a donné naissance à un christianisme idéalisé qui prolonge le judaïsme, mais sous forme d'une excroissance. Le christianisme abandonne l'idée d'un Royaume d'Israël, mais deviendra la religion de l'empire romain sous Constantin. Le Concile de Nicée sert l'unité de l'empire ; mais l'unité de l'Eglise n'est pas garantie. Le schisme de 1054 consacre la dualité, alors que les courants plus minoritaires semblent se dissiper. La réforme de l'Eglise romaine souhaitée par le courant initié par Luther échoue : le christianisme occidental accouche d'un rejeton. La tentative de libre pensée se double d'une volonté d'émancipation politique. Le chaos de la guerre des religions laissera une situation provisoire avant que les Révolutions ne donnent plus d'espace à la liberté de croire et à des formes nouvelles de gouvernement.
Au cours de son évolution, le christianisme a cherché à répondre à la question d'un salut personnel des âmes. Aujourd'hui, le christianisme est-il capable de grandir? La question reste posée. Le courant libéral appelle à l'engagement des chrétiens pour l'avenir d'une humanité dégagée des dépendances qui l'ont aliénée et l'aliènent souvent encore.
Le 20 novembre 2010 : Colloque "Eglises Protestantes d'Alsace-Lorraine. Fondements. Actualité. Devenir."
Introduction : Présentation succincte du statut légal des Eglises protestantes d'Alsace et de Moselle. Références théologiques. Par Ernest WINSTEIN, Président de l'UPL. Conférence de Jacques Fortier, Journaliste aux DNA : Le statut légal des Eglises en Alsace et en Moselle. Etat des lieux. Table-ronde sur l'actualité du statut légal. Avec la participation de Jacques FORTIER, Eric SANDER, Secrétaire général de l'Institut du Droit Local (Le statut scolaire d'Alsace et de Moselle), Michel HOEFFEL, ancien Président du Directoire de l'ECAAL (Présence chrétienne dans le monde d'aujourd'hui, Jean-Maurice SALEN, médecin (La religion face aux principes laïques), Ernest WINSTEIN (Les Eglises protestantes, modèles de démocratie?).

Les Articles Organiques régissant les cultes protestants sont restés en vigueur en Alsace et en Moselle après 1918. Réalité anachronique dans la France laïque qui avait décidé la séparation des Eglises et de l‘Etat en 1905 ? Quelle laïcité est-elle possible, Les Eglises risquent-elles de migrer de la sphère publique vers l’espace privé ? Pour assurer quelle présence?

Le 4 juin 2010 : Rencontre avec Patrick DILS. Patrick DILS évoqua les "vraies valeurs de la vie" et l'erreur judiciaire, ainsi que son engagement associatif actuel.
L’AFFAIRE DILS : 29 septembre 1986. Deux enfants de 8 ans, Cyril Beining et Alexandre Beckrich, sont retrouvés morts, le crâne fracassé par des pierres le long d’une voie de garage SNCF. 28 avril 1987. Un jeune voisin, Patrick Dils, 16 ans, avoue le crime. 27 janvier 1989. Malgré ses rétractations, Dils est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité.27 mars 1998. L’avocat parisien Jean-Marc Florand, apprenant la présence du tueur en série Francis Heaulme sur les lieux du crime, demande et obtient une révision du procès. 29 juin 2001. Contre toute attente, Dils est à nouveau condamné à Reims. 24 avril 2002. Patrick Dils est acquitté à Lyon en appel. Il aura fait quinze ans de prison.

Le 20 mars 2010 : "Evolution ou création. Vraie ou fausse alternative ?" Les poèmes bibliques de la création confrontés aux sciences. Permettait d'entendre :
- Une intervention sur l'actualité de la théorie de Darwin, par le professeur André SCHAAF, Université de Strasbourg
- Une réflexion critique au sujet de Darwin par M. Michel LEFEUVRE, philosophe des sciences.
- Une exégèse historico-critique par Ernest WINSTEIN.
Les documents
du colloque : l' intervention du professeur André SCHAAF (L'évolution : des faits aux théories), et celle de Monsieur Michel LEFEUVRE (Une théorie scientifique de remplacement à celle de Darwin), peuvent être communiqués sur demande. Une synthèse sur le questionnement "Evolution ou création : vraie ou fausse alternative?" est en attente.

Le 24 février 2010 : Pirerre Klein, Président d'"Initiative Citoyenne alsacienne" (ICA 2010) a présenté : La question linguistique et les élections régionales. Le thème :
L'Alsace, terre de passage, mais aussi de sédentarisation et de mixité se caractérise par une histoire linguistique et partant culturelle très riche. S'agissant de langues parlées ou de langues écrites, ont été présentes tout au long de l'histoire : le celte, le latin, l'allemand, le yiddish, le lorrain, le franc-comtois, le français et les langues issues des immigrations.
Mais au-delà d'un simple historique de l'emploi des langues, la conférence l'histoire des langues elles-mêmes, tente d'analyser les raisons pour lesquelles les langues s'installent ou sont installées, vivent ou disparaissent, et de même pour lesquelles les Alsaciennes et les Alsaciens auraient intérêt à (re)construire leur bilinguisme.

Le 22 janvier 2010 : Minorités emboîtées… Comment vivons-nous notre situation religieuse minoritaire ? Conférence donnée par le Docteur Maurice SALEN.

Le 31 octobre 2009 - dans le cadre de " Protestants en fête ".
"L'actualité de la pensée protestante libérale". Avec André GOUNELLE, (ancien doyen de la Faculté de Théologie Protestante de Montpellier, ancien président de l'association Evangile et Liberté), Christophe KOCHER, pasteur de Saint-Guillaume, Ernest WINSTEIN (Président de l'Union Protestante Libérale).

Le 13 juin 2009 : Une sortie en Alsace du Nord - qui a fait la joie des amateurs de l'architecture religieuse - permit de découvrir : Les vitraux et l'église abbatiale de Walbourg (liaison avec les vitraux de la tribune du chœur de St-Guillaume), l’abbatiale de Surbourg (XIè siècle), les joyaux architecturaux de Wissembourg (e.a. couvent des Augustins, 1279) et d'Altenstadt, et de déguster l'art cullinaire de Christelle Ullmann à Obersteinbach.

Le 17 avril 2009 : Philippe KAH, Membre du Comité de l'UPL : "Egarements religieux ? Les lumières de Philippe de Marnix de Sainte-Aldegonde" - 1536 à 1596 - relatives aux égarements et aux tâtonnements des formes religieuses du monde contemporain ". Publié en 1568, " Le tableau des différends de la religion ", l'un des premiers chefs d'oeuvre de la langue néerlandaise, par sa jovialité et sa précision satirique, permet de dégager des principes spirituels dont l'application supplante les interminables fluctuations confessionnelles et théologiques.

Le 16 mars 2009 : Conférence de René ECKHARDT : " Europe et mondialisation. Approche économique. Forum : "Europe et mondialisation : quels choix ? quel poids?" avec Sandrine BELIER, Europe-Ecologie, et Catherine TRAUTMANN, Députée européenne (PS).
" Le marché européen, mondial, le plombier polonais etc. S'agit-il réellement de menaces pur l'économie française ou ne s'agirait-il pas simplement d'opportunités à saisir ?
Comment pouvons-nous protéger nos emplois et l'avenir de nos enfants ?
La citoyenneté de l'Entreprise et principalement des petites et moyennes Entreprises face à des agissements purement économiques de grands groupes uniquement motivés par le profit."

Le 13 février 2009 : Annick KOCHER, Le regard de Dieu chez Calvin : menace ou bénédiction ? ". Annick Kocher est théologienne, doctorante (sujet de thèse en cours : "le regard de Dieu").
Le regard divin, omniprésent et tout-puissant, constitue-t-il une menace ou une bénédiction pour qui se sait observé en permanence ? Les réflexions de Jean Calvin à ce propos, telles qu'il les expose notamment dans les Sermons sur Job, s'avèrent riches d'enseignements à cet égard, et proposent des pistes pour penser le regard de Dieu aujourd'hui, dans une société focalisée sur le regard.

Le 14 janvier 2009 : Daniel RIOT, directeur de relatio-europe (www.relatio-europe.eu) et auteur de "L'Europe cette Emmerdeuse", (éd. City): Où va l'Union Européenne? "Du projet de Constitution rejeté au Traité de Lisbonne à l'application incertaine, l'Union européenne peut-elle devenir une puissance politique qui pèse sur le cours des événements mondiaux ou restera-t-elle une entité économique et commerciale?"

Le 6 janvier 2009 (à Haguenau) : Ernest WINSTEIN, La nécessaire identité.
"L'être humain n'est pas un pion anonyme sur l'échiquier froid du monde. Son identité, forgée à l'aune des cultures qui l'ont baigné, qu'il a choisies ou... rejetées, qu'il construit avec les groupes humains qui le portent, n'est pas facteur de repli mais d'ouverture.

Le 28 novembre 2008 : Michel JAS, Pasteur, Président d'" Evangile et Liberté " (Montpellier), présentait : " Les cathares ? De Toulouse à Strasbourg. Sont-ils adeptes de la même " hérésie " ? Essai d'analyse historico-critique."

Le 3 octobre 2008 : Les élections américaines et la religion. Dossier réalisé et présenté par Nathalie Leroy-Mandart et Zahra Si-Youcef (membres du comité de l'UPL) ; table-ronde, avec Mme Caroll M. Simpson, pasteur de l'International Church of Strasbourg et Mme Susan Valliant, Présidente des Democrats Abroad - Strasbourg Chapter. (Voir le dossier complet en page 7)

Le sujet : Ronald Reagan, en son temps, fut élu grâce à l'appui des évangélistes, puis ce fut le tour de G.W. Bush. Hillary Clinton révèle qu'elle se lève à 5 heures du matin pour prier. Barack Obama est obligé de rompre avec sa congrégation et surtout son pasteur Jeremiah Wright, de la Trinity United Church of Christ à Chicago, souvent présenté comme son mentor pendant sa jeunesse…
Quels sont ces rapports, qui nous semblent si étranges à nous européens, entre la politique, la vie sociale et l'expression de la religion - doit-on dire religiosité ? - au sein de la première puissance mondiale ?
Au début de l'année 2008, la Radio Suisse Romande a diffusé une série d'émissions sur le thème : " Etats-Unis, Pays de Dieu ". La dimension religieuse de la campagne électorale aux USA y est exposée par le spécialiste Denis Lacorne, enseignant à l'Institut d'Etudes Politiques à Paris. L'émission " les dessous des cartes", sur les évangélistes a été diffusée sur ARTE en juin 2008.

Débat : Peut-on dire que la religion se trouve instrumentalisée aux USA ? Quels sont nos propres rapports à la politique et à la religion? Voir le dossier en page 7

Le 26 avril 2008 : Colloque " Quel avenir pour notre société ? " Perspectives sociales.

Avec Bertrand ROEHNER (Paris), Emeutes urbaines, ici et ailleurs. Présentation comparative. Perspectives évolutives. B. Roehner est physicien à l'Université de Paris 6. Bertrand Roehner est docteur es sciences et membre du Laboratoire de Physique Theorique de l'universite de Paris. Il a participé à l'émergence d'une discipline nouvelle appelée "éconophysique" qui se veut un trait d'union entre les sciences physiques et les sciences sociales. Par des séjours dans des centres de recherche aux Etats-Unis, au Japon ou en Chine il a pris part à la constitution d'un réseau de chercheurs dédié à l'étude comparative des phénomenes sociaux. Il a développe cette analyse comparée des phénomenes sociaux dans plusieurs livres, par exemple: "Pattern and Repertoire in History" ("Régularités dans les phénomènes historiques") paru chez "Harvard University Press en 2002 ou "Patterns of speculation" ("Régularites des phénomenes spéculatifs") paru chez "Cambridge University Press" en 2002.
Présentation du thème : Y a-t-il une similitude entre les émeutes urbaines qui ont suivi l'assassinat du pasteur Martin Luther King aux Etats Unis (1968), celles qui ont secoue les villes anglaises en 1981 et 1985, et les émeutes de l'automne 2005 en France? Pour répondre à cette question nous établirons un tableau de divers types d'émeutes: (i) émeutes de rejet (ii) émeutes de protestations. (iii) émeutes programmées. Nous verrons que les émeutes citées appartiennent toutes à la catégorie des émeutes de protestation.
D'une facon plus large, on développera l'idée que pour "comprendre" un événement historique, quel qu'il soit, il convient de l'étudier non de facon unique et isolée mais comme un élément d'une "famille" de cas similaires. Ainsi pour "comprendre" le phénomène "Jeanne d'Arc" il convient de noter qu'il y eut à cette époque de nombreuses autres femmes qui furent des chefs de guerre, par exemple Jeanne de Bellevile (1360) surnommée la "Lionne sanglante", Jeanne de Montfort (1374) surnommée "Jeanne la Flamme" et bien d'autres. On pourra trouver plus de détails sur ces thèmes dans un ouvrage paru en 2004 et intitulé: "Cohesion sociale" Odile Jacob).

Jacques PERRIER, ancien Président du Centre d'Action Sociale Protestant de Paris : "Qu'est-ce que l'espérance dans un monde trop souvent déchiré de troubles et d'injustices. Propos d'un citoyen et d'un chrétien engagé. Approches philosophiques et politiques. Jacques PERRIER, Responsable d'associations, Ancien Président du Centre d'action Sociale Protestant de Paris. Ancien fonctionnaire du Ministère des Affaires Sociales, du Travail et de la Solidarité, Jacques Perrier a aussi assuré des responsabilités importantes dans la conduite des politiques de développement social et de la vie associative. Il a été, de 1995 à 1999, chef de Cabinet auprès du Délégué à l'Intégration, au Ministère de l'Emploi et de la Solidarité et, de 1999 à 2005, chargé de mission au Cabinet de la Directrice générale de l'Action Sociale. Dans les secteurs spécialisés de la santé, il a été chargé de la création du Service Interministériel d'Information de la Drogue, et du Conseil National du SIDA. Dans le domaine de l'information, Jacques Perrier fut aussi journaliste, puis directeur de la communication et responsable internet-intranet du pôle social du Ministère.

Présentation du thème: Devant le spectacle de guerres et de souffrances accumulées qui nous montre un monde si souvent défiguré, devant la montée croissante des richesses et des pauvretés, quelles raisons avons-nous de croire encore aux possibilités de bâtir un monde plus humain ? Le progrès a t-il encore un sens quand il se fabrique avec tant d'exclusions ? En partant de ces questions, mais en s'appuyant sur l'exemple de personnes qui ont agi concrètement et de réflexions de philosophes et d'écrivains qui ont pensé le problème du mal, l'objectif de la conférence sera de montrer qu'il ne faut pas se décourager, qu'il dépend de nous aussi que l'espérance puisse renaître et que "nous faisons partie de la solution". En lançant un constat d'éveil et de résistance qui s'inscrit contre les tentations d'indifférence et de fatalisme, en appelant à des dynamiques d'action et de propositions où chacun a sa part de responsabilité, on tracera ce que l'on pourrait appeler les conditions d'une "écologie de l'espérance" à mettre en œuvre comme autant de raisons de contribuer à l'avènement d'un monde plus fraternel et plus juste.

Samedi 29 - dimanche 30 mars 2008.
Rencontre Evangile et Liberté - Union Protestante Libérale - St-Guillaume Strasbourg
Le thème : L'humanité de Jésus

Quelques 130 personnes nous ont rejoints sur les deux journées des 29 et 30 mars 2008 (100 pour la journée de conférences - voir les thèmes ci-dessous - et le récital donné par Guy Feuerbach) à l'occasion de la rencontre "Evangile et Liberté" organisée par l'Union Protestante Libérale et St-Guillaume à Strasbourg.

Parution du recueil de textes des conférences en décembre 2009. Vous trouvez un reportage photographique de la rencontre sur le blog : http://unionprotlib.over-blog.com/article-18296708.html

Les thèmes traités

- Ernest WINSTEIN : "Jésus a-t-il promulgué une nouvelle Loi? Jésus et le judaïsme de son époque".
- Jean-Paul SORG : "Jésus vu par Albert Schweitzer"
- André GOUNELLE : "Le Christ, être nouveau" ("l'ancien et le nouveau"; "la résurrection", "la foi et la vie chrétienne").
- Frédéric ROGNON : "Jésus postmoderne"
- Débat : " Jésus pour l'homme d'aujourd'hui "

Le culte du dimanche 30 mars en l'église Saint-Guillaume a permis d'entendre la prédication du pasteur Pierre-Yves RUFF, ancien pasteur à l'Oratoire du Louvre sur le thème : "l'humanité de Dieu et la divinité de l'homme".

L'humanité de Jésus - Présentation de la publication
On a tout dit de Jésus. Qu'il était un rebelle. Ou au contraire un doux rêveur. Ou encore un être veule, sans caractère et sans volonté propre, dont la seule fonction aurait été d'endosser un rôle prédéterminé - c'est le portrait donné par le film "La dernière tentation du Christ".
Il est temps de redécouvrir l'homme Jésus, sa personnalité, sa façon de saisir la vie en société, ses engagements pour le devenir de son peuple, son enseignement. Ce retour à l'humanité de Jésus nous le rendra plus proche quant à nos questionnements sur le sens de notre vie, nos espoirs et nos interrogations. Alors que l'on peut se demander si les spéculations sur ses prétendues origines divines, qui ont fait couler tant d'encre à travers les siècles, d'une part et, d'autre part, la compréhension de sa mort comme une issue fatale quasiment programmée par le "Père" et dont le caractère sacrificiel serait rédempteur pour l'humanité, concernent vraiment l'homme d'aujourd'hui.
Les travaux des spécialistes nous permettent de nous approcher suffisamment du Jésus historique pour nous en faire une idée tant soit peu claire et surtout de prendre en compte son enseignement, dont nous savons maintenant qu'il a été transmis très fidèlement. Retrouvons l'homme qui a mis en application ces principes éthiques et, à son instar, libérons, dans notre vis-à-vis avec Dieu, toute l'énergie qu'il a mise en nous. E.W.

Le 4 février 2008 :

Gilles CASTELNAU, "Une nouvelle Réforme? - Présentation de la pensée et de l'oeuvre de l'évêque épiscopalien John S. SPONG".

Le thème :

Que peut-on croire aujourd'hui ? Les confessions de foi traditionnelles ont été rédigées en des temps et des circonstances qui ne sont plus les nôtres aujourd'hui. Les dogmes concernant Jésus-Christ, sa mort sacrificielle, sa résurrection, ses titres de Fils de Dieu, de deuxième personne de la Trinité etc. sont souvent jugés trop théoriques et peu crédibles.Certains de nos contemporains et même parfois nos enfants, jettent le bébé avec l’eau du bain et abandonnent toute foi. D’autres, au contraire, prennent les formulations d’hier tellement à la lettre que toute tentative de les actualiser leur semble une atteinte à la foi elle-même.L’évêque John Spong, de l’Église épiscopalienne des États-Unis, s’est efforcé durant tout son ministère pastoral d’actualiser l’Évangile pour ses paroissiens. Évidemment il décoiffe parfois un peu ! G.C.

Gilles Castelnau a été pasteur de paroisse - 7 ans à l'Église wallonne d'Amsterdam et le reste du temps en Région parisienne. Particulièrement sensible aux paroissiens et à leur amis qui se trouvent en marge de l'Eglise. Il s'est ainsi occupé aux frontières de ses paroisses, des hippies français d'Amsterdam. Il a été aumônier de prison et aumônier militaire, aumônier d'étudiants et président de Croix-Bleue. Il a animé et anime encore des groupes de discussion spirituelle et d'initiation à l'hébreu biblique pour des gens du dehors.
Sa femme a été journaliste à l'hebdomadaire Réforme et à la radio protestante de Région parisienne "Fréquence Protestante" où elle fait toujours des émissions. Ils collaborent tous deux au mensuel protestant libéral "Evangile et Liberté".

Le 18 janvier 2008 : Sabine URBAN, Le réchauffement climatique: quelles modalités de gestion économique?

Les changements climatiques, objet du Protocole de Kyoto (décembre 1997), et aujourd’hui observables d’une manière scientifique, interpellent l’humanité d’autant plus fortement qu’il s’agit d’un problème qui semble mettre en cause la survie de la vie sur la planète terrestre, sous toutes ses formes (hommes, plantes, animaux) et en tout cas menacer la biodiversité qui s’y est développée jusqu’à présent. Face à cette menace les réactions sont nombreuses et souvent contradictoires. Ces réactions concernent les domaines des sciences et techniques, du droit, de l’éthique, de la politique et… de l’économie; elles sont d’ordre rationnel mais aussi émotionnel, oscillant entre optimisme et pessimisme. L’économie y ajoute sa touche particulière : au-delà du fait qu’elle concerne les sciences sociales, elle est « intéressée » car avec les changements climatiques on a aussi à faire à l’argent : argent à gagner (profits), argent à dépenser (coûts), argent à perdre (risques). A partir du moment où on admet que l’argent est devenu une valeur « globale », universellement respectée et désirée (à quelques exceptions près), on ne saurait éliminer de la pensée les variables économiques qui contribuent à la complexité du réel. Au-delà de la réflexion il s’agit de trouver des méthodes de gestion d’un problème urgent. Sabine Urban

Le 19 novembre 2007 : Jésus, prophète, maître, messie ? Avec le Rabbin Yonathan LEVY, (Montpellier) et le Pasteur Ernest WINSTEIN, Union Protestante Libérale (Strasbourg).

Le 6 octobre 2007 : Colloque " Quel avenir pour notre société ? Perspectives économiques et mondialisation "

Quelles valeurs président à la construction de la société ? La tension entre l'idéalisme et le pragmatisme (Ernest Winstein).
Alain DEGREMONT, Professeur (Université Robert Schumann) : " Restructurer nos entreprises - avec ou sans délocalisations ? "
Eric NAVET, professeur d'ethnologie : " Un autre modèle de civilisation : les sociétés amérindiennes. Exposé des valeurs humaines, spirituelles et écologiques des Peuples traditionnels dans le cadre de la mondialisation"

Le 7 septembre 2007 : A propos du " tombeau de Jésus ".

Introduction par Ernest WINSTEIN. Synthèse et résumé du documentaire sur le tombeau de Talbiot, de James Calmeron - Simcha Jacobovici, par Nathalie LEROY-MANDART.

Le 12 mai 2007 : Colloque "Ecologie alimentaire". Avec Stéphanie MULLER, Ingénieur, chargée de communication : La gestion de l'eau. Et Joachim-Ch. et Madeleine HITZKE, "Consommateurs, aliments et santé. Additifs alimentaires, résidus, produits AB (bio), étiquette, liberté de choix et le durable".

Le 21 mars 2007 : Danielle PEREZ, Conférence-diaporama: Regards croisés Art Bible Thérapie. - Corps et spiritualité.

En questionnant le texte biblique nous faisons "mémoire" d'une rencontre, trace plus que preuve, Parole mise en mouvement. L'Ecriture résiste et cependant elle éclaire le sens et ouvre des pistes pour le vivre aujourd'hui. A l'antithèse d'un message désincarné elle engage, en tout l'être, physique émotionnel intellectuel. Les sciences humaines nous rappellent qu'homme, femme, nous le sommes parce que de désir de parole et d'alliance ; l'oubli de cette relation génère l'être de souffrance et conduit à l'exil de sa vie. L'art véritable est sans but, sans intention. Il élargit l'horizon et nous donne de percevoir par tous nos sens, un instant, l'invisible.
Danaelle Perez est fondatrice de l'Association Corps Art Spiritualité Kaïros. De formation et de métier danseuse et psychothérapeute Danaelle Perez formée en théologie a exercé un ministère pastoral.

Le 1er février 2007 : Richard KLEINSCHMAGER, La situation politique en Alsace à la veille des élections 2007.

L'Alsace avait résisté à la vague rose des régionales. Son europhilie a vacillé. Mais quelle mutation en profondeur traverse l'Alsace ? Ses convictions traditionnelles seraient-elles ébranlées? R. Kleinschmager est Vice-président de l'Université Louis Pasteur.

Le 12 janvier 2007 : Philippe KAH, Révélation chronologique au retable d'Issenheim.

L'attention portée à deux tableaux de Mathias Grunewald - 1460-1528, né en Allemagne (Bavière) - exposés à Colmar au Musée d'Unterlinden parmi ses œuvres du retable d'Issenheim, incline à une réflexion liée au temps qui sépare les deux scènes de la crucifixion et de la résurrection. Ces deux tableaux, disposés dans leur ordre chronologique, démontrent la grave dérive à laquelle a été soumise la chrétienté, ainsi que ses colossales conséquences. Philippe Kah est diplomé de l'Ecole des Hautes Etudes. Il est membre du Comité de l'UPL.

Le 19 octobre 2006 : "L'Evangile de Judas" est-il un véritable évangile ? L'exploitation des personnes historiques de Jésus et de Judas par un mouvement de pensée philosophico-religieux " gnostique ", par Ernest WINSTEIN.

La publication des textes s'est fait attendre. Les voici rendus à la lecture après de très longs siècles. Les éditions Flammarion viennent de publier L'Evangile de Judas, Traduction intégrale et commentaires des professeurs Rodolphe KASSER, Marwin MEYER, Gregor WURST, Il s'agit de la traduction de The Gospel of Judas, publié par National Geographic Society, 2006.
L'on y trouve, outre le texte lui-même, enrichi de notes, et l'histoire du manuscrit, trois contributions importantes :
- celle de Bart D. Ehrman sur la "nouvelle vision" du christianisme qu'apporte l'Evangile de Judas,
- une confrontation du texte avec les mentions que l'on trouve dans la littérature chrétienne des premiers temps, notamment celles d'Irénée de Lyon (par Gregor Wurst),
- l'utilisation du personnage historique de Judas par la secte gnostique.

Le lecteur non averti se demandera : Comment Judas peut-il être porteur d'une bonne nouvelle" (un "évangile") ? A-t-on vraiment pu écrire un évangile à son sujet ? L'Eglise n'aurait-elle pas caché certaines choses importantes, ou peut-être même les auraient-elle retouchées ?
Le livre lui ouvrira un autre champ, celui du foisonnement spirituel des premiers temps du mouvement chrétien. Il trouvera là des références utiles et précises, notamment sur un mouvement philosophico-religieux assez largement répandu au cours des premiers siècles de l'ère chrétienne et, ceci dès le premier siècle, le gnosticisme. De quoi alimenter une réflexion sur la diversité chrétienne et écouter cette interrogation humaine sur les origines de la vie et de l'être humain, qui rejoint cette question si caractéristique des religions sur le sens en général et aussi de "savoir", de comprendre. Si le Judas et le Jésus de cet "évangile" sont loin du Jésus et du Judas historiques, voilà une illustration de ce que l'on a pu en faire avec un ou deux siècles de recul. Mais l'on se sentira aussi invité à retourner vers des textes que nous connaissons bien pour faire le point sur Judas, et sur... Jésus, les " quatre " Evangiles!
E.W.

Le 19 septembre 2006, en liaison avec "ALSACE-ESTONIE" et la paroisse Saint-Guillaume/Strasbourg, Erik HARREMOES, ancien directeur du service juridique du conseil de l'Europe, a présenté le sujet : L'Estonie après son entrée dans l'Union Européenne.

Le 18 mars 2006 : Le colloque " Quel avenir pour quelle terre ?"

Le cycle "Quel avenir pour quelle terre ?" (2005-2007) a permis d'entendre David Gakunzi, Gérard Siegwalt (L'humanité et la foi face à l'ébranlement de notre civilisation, le 9 janvier 2006), François BRUNE (Bruno Hongre), professeur et écrivain, collaborateur du Monde Diplomatique (L'idéologie publicitaire: dans quel monde la publicité fait-elle entrer nos enfants?, le 3 mars) et de réunir une cinquantaine de personnes pour le colloque du 18 mars 2006 (L'avenir du monde : sous le signe de quelles valeurs, quelles priorités ? Introduction au colloque (Ernest WINSTEIN) L'évolution de la population mondiale ; "Nécessaire immigration ?" (Michel WECKEL, permanent de la Cimade à Strasbourg) ; 10h30 "Risque nucléaire, risque écologique ?" (le Général Jean-Paul BAILLIARD, ancien Directeur au Commissariat à l'Energie Atomique/CEA). "Pétrole, début de la fin" (diaporama réalise et présenté par Hugues STOECKEL, Professeur, militant écologique). Table-ronde avec la participation de Catherine TRAUTMANN, Députée européenne (PS) ; Marc REYMANN, Député (UMP); Hugues STOECKEL, ancien Conseiller régional (Verts) : Quelle économie pour sauver le monde - quel monde ? Modérateur : Daniel RIOT (Directeur de la Rédaction européenne de France3).

Positionnement du débat :
Ernest Winstein présente le canevas proposé aux intervenants de la table ronde :
« Quelle terre voulons nous construire, dans quel monde voudrions-nous vivre ? que voulons-nous laisser à nos descendants, en vertu de quelles valeurs ? Comment appréhender la mondialisation ? Est-elle gérable ? Quelles sont les conditions de fonctionnement de cette mondialisation qui permettent d'assurer un statut décent à tous les humains? Peut-on, doit-on intervenir pour imposer un minimum de règles de fonctionnement? L’évolution démographique peut-elle et doit–t-elle être contrôlée ?
Quelle place accordons-nous au point de vue des gens du "Sud" ? Quelle Europe permet une économie efficace, non dépendante, plus juste… »
Le problème énergétique.
Daniel Riot apporte son témoignage sur Tchernobyl dont il avait visité le site de la zone interdite récemment, situant les clefs de nos choix dans l’information et les désinformations. La question qu’il pose aux politiques présents : « L’accident de Tchernobyl et la gestion de ses conséquences est la conjonction de trois secrets : le secret d’état, le secret industriel et le secret idéologique… Quelle terre voulons-nous ? »
Hugues Stoeckel parle de « l’impérieuse nécessitée d’une reprise en main démocratique », comment les responsables élus, avant les débats démocratiques peuvent-ils s’assurer d’une première information ? » Il explique que l’opacité en matière d’information est un obstacle à la prise de conscience de l’urgence des problèmes engendrés par l’exploitation effrénée de ressources fossiles tel le pétrole.
Catherine Trautmann enrichit ce propos en considérant que la date du « pic » (date de non-retour sur la courbe exponentielle d’exploitation du pétrole) est proche, elle questionne pour savoir si « nous sommes prêts à repenser notre mode de vie ». Il ne s’agit pas uniquement du débat des politiques pour opter sur des choix géostratégiques mais bien d’une volonté qui doit d’abord advenir de notre changement de comportement et reconsidération du problème énergétique. Le débat doit être alimenté par une information complète et doit être public. La prise de conscience de ces enjeux est inégale selon les pays. Les USA ont opté pour des choix qui ressemblent à une fuite en avant sans autre intérêt que leur propre confort… La Suède décide de commencer le sevrage en fioul dés à présent pour arriver à une consommation zéro dans 20 ans.
Marc Reymann expose le fait que les grands groupes de fabricants automobile travaillent sur le sujet des économies d’énergie mais il s’agit d’un processus lent. Une intervenante dans la salle lui rappelle l’urgence de la situation. Des déductions fiscales affiliées aux énergies de substitution (bio-carburant) existent mais elles ne concernent pas « monsieur tout le monde » ou dans des proportions qui n’encouragent pas assez les modes de chauffage, par exemple, alternatifs.
Daniel Riot questionne sur les priorités à dégager dans les mesures de favorisation d’aide à l’alternative. Stoeckel rappelle que, certes les politiques n’ont pas tout pouvoir mais qu’il ne faudrait pas non plus laisser les reines libres aux grosses sociétés dont les intérêts ne convergent pas nécessairement avec « l’intérêt général » et qui privilégient les intérêts de leurs compagnies. Dans certains cas le remplacement du pétrole est impossible ou peu réaliste, explique Stoeckel qui cite le carburant pour les avions, les applications en pétrochimie…
Le débat de la fiscalité face à la mondialisation.
Un intervenant pose la question de la « taxe sociale » qui pénalise les échanges à l’export et déséquilibre les rapports commerciaux entre pays avec une haute plus value des charges sociales et ceux dont les charges sociales sont plus réduites. En cet exemple ; le problème de la mondialisation et des délocalisations du travail comme des rapports nord- sud ou Occident-Orient sont abordés.
« TVA sociale ou pas ? ».
Le problème des interdépendances, en ce qui concerne les options énergétiques, économiques et commerciaux est à débattre entre les nations, et même en Europe en ce qui concerne les cohérences des choix faits. « le citoyen doit dire très fort que ce n’est pas uniquement en tant que consommateur de produits énergétiques qu’il doit être considéré, mais c’est aussi en tant que consommateur qu’il doit se prononcer en amont du débat politique » ponctue Catherine Trautmann.
Mr Reymann précise que le sujet de la TVA sociale divise les opinions parce que pénalisant à l’importation, le consommateur choisissant toujours le produit le moins cher, pour le moment, cette option n’emporte pas le succès escompté.
Un intervenant dans la salle relance le débat sur les conséquences de l’accident de Thernobyl. Médicalement, il semble que l’on soit encore en période d’analyse et d’observation. Il enchaîne sur les solutions de remplacements des carburants, l’hydrogène ? Des projets existent, n’est-ce pas aux politiques de soutenir ces actions de recherche afin de contrer les entreprises automobiles qui ne se décident pas à prendre des risques à cause de leurs soucis de suivre le marché à court terme ?
Hugues Stoecker rappelle qu’il n’y a pas de solutions miracles mais bien une combinaison de solutions. La première attitude à adopter est « l’apprentissage de la sobriété », et aborde le concept de décroissance : « La question de la décroissance n’est pas de se demander si elle doit avoir lieu ou pas - elle aura lieu - mais bien : de quelle façon doit-elle avoir lieu ? De façon anticipée, consciente , organisée ? Ou doit-elle arriver soudainement et être vécue de façon subie… et donc chaotique ? Voilà l’enjeu à débattre ».
Les politiques et les industries.
Un intervenant fait remarquer que les dispositions légales concernant le droit européen sont inégalement appliquées dans les pays de l’union en citant l’exemple de la France « mauvais élève en ce qui concerne, notamment l’environnement et néanmoins pays moteur ». Catherine Trautmann évoque le mode de fonctionnement procédurier spécifique à la France. « Il y a un problème d’efficacité de l’Etat ». Problème de calendrier politique, de blocage délibéré, d’incompréhension des enjeux… La préservation des intérêts nationaux passe d’abord et avant les prérogatives de l’Europe. « Ce qui pourrait nous demander un certain effort… vrai sur le plan financier, sur les points de vues environnementaux… ». «De nouvelles filières industrielles pourraient être crées, soutenues par l’effort de plusieurs pays, ou en fonction de ce qui existe, ou même à blanc dans l’intérêt commun… » Il faut « empêcher qu’un état puisse imposer sa puissance politique grâce à ses outils industriels. Aujourd’hui un, deux, trois pays peuvent se recréer une domination politique au travers d’entreprises, même en grande partie privatisées. Il s’agit d’un enjeu de pouvoir. Si les politiques ne sont pas clairs dans leurs démarches, ils seront dépassés par les grandes multinationale qui ont déjà beaucoup plus de poids que tous les politiques réunis et les nations unies. »
De l’information et de la compréhension pour faire des choix conscients.
Hugues Stoecker parle des profits engendrés par les grands groupes tel Total - qui ne développe que son profit répondant á la pression de ses actionnaires qui sont les fonds américains de pensions…
Daniel Riot rappelle le canevas de cette rencontre « Sur quelles valeurs se fonde-t-on ? »
Michel Weckel, au travers de son témoignage d’accueil au sein de la CIMADE constate qu’une énergie émerge qui est celle du désespoir… Il parle d’état apocalyptique qui est celui dans lequel nous nous trouvons dès à présent. Le débat qui est le nôtre est « celui des nantis qui s’interrogent sur leur avenir alors que l’immense majorité des êtres humains qui peuplent notre planète aujourd’hui n’ont même pas à se poser ces questions parce qu’ils n’ont pas atteint le même niveau de croissance que le nôtre… Que produirait notre modèle de développement occidental en terme de ravages environnementaux si les autres habitants de la planète aspiraient à vivre comme nous ? »
Catherine Trautmann rebondit sur la notion de co-développement. Rappelle « l’enjeu qu’est celui du développement en termes d’accès à la culture, accès à l’éducation c’est-à-dire aussi d’un accès à la démocratie. » Parmi les ressources dont nous disposons, elle citera l’eau, la santé, l’énergie mais aussi la connaissance. Elle conclura par cet appel :
« Il faut arriver à construire – sur le modèle politique européen, un ensemble qui garantie la paix. La paix aussi est une ressource, un bien public. (…) Le débat est ici bien pessimiste, pourtant j’ai espoir, après avoir vu se créer une opinion mondiale contre la guerre en Irak, que ces réactions puissent amener à une nouvelle forme de démocratie en ce qui concerne les enjeux de la santé, de l’énergie, de l’information et prenne en compte l’humain et pas seulement des enjeux financiers. Il nous faut à la base un choix et un seul, c’est celui du respect de l’autre».
Nathalie Leroy Mandart, Rapport de réunion-table ronde du colloque du 18 Mars 2006.

 

Le 17 mai 2006. La force d'ouverture à l'inconnu, par Gilbert GREINER

Gilbert Greiner, pasteur, membres du comité de l'UPL, s'est demandé à quoi s'ouvrent nos lendemains et propose des pistes. " L'Inconnu est devant nos portes. Et l'Inconnu nous inquiète. Nous nous réfugions dans le Connu. Car l'Au-delà du connu est source d'angoisse. Jusqu'à en perdre haleine et raison. Le Christ, en nous parlant de F.O.I. - Force d'Ouverture à l'Inconnu - nous invite à l'Ouverture et à l'Inconnu. Cette invitation s'accompagne d'une promesse : Sa force veut nous permettre de suivre Abraham, le Père des en-routés. Le credo est une mise à l'eau, un baptême quotidien, une lutte contre l'Ange et l'Angoisse. Faire partie de la communauté du Christ nous situe à coup sûr au-delà des sentiers battus… "

Le 8 février 2006. Les libéraux en réseau. Présentation d'une expérience avec la théologie libérale en ligne aux Pays-Bas, par Christian DOUDE van TROOSTWIJKE, théologien. Qu'en est-il aujourd'hui des chemins de la foi libérés des dogmes tout-puissants ?

Le 14 décembre 2005 : Rapports Nord-Sud : interdépendance et équité, par David GAKUNZI, Coordinateur du Programme Dialogue Europe-Afrique, au Centre Nord-Sud du Conseil de l'Europe.

"Si la mondialisation constitue une réalité inscrite dans la trajectoire du progrès humain et peut représenter une opportunité de progrès au niveau global, elle creuse néanmoins les inégalités entre le Nord et le Sud, marginalise, exclut, rejette la majorité de l'humanité dans la pauvreté. La pauvreté étant l'ennemi de la paix, la mondialisation, dans sa forme actuelle, peut donc s'avérer destructrice et constituer une menace pour la stabilité à l'échelle globale. Le changement d'époque que nous vivons s'accompagne donc d'un nouveau défi majeur à relever : celui de la construction d'une autre interdépendance basée sur les valeurs d'équité.
Face aux mutations actuelles, il s'agit en effet non pas d'avoir peur et de se sentir désarmé, mais de réfléchir et d'agir à l'échelle planétaire afin de réguler les rapports Nord-Sud dans le sens de plus de justice, de démocratie et de respect de la diversité culturelle." (David Gakunzi)

 

Le 17 novembre 2005 au Club de la Presse. Schleiermacher, ou la parenté de l'art et de la religion (Cycle Foi, culture et théologie) par Bernard REYMOND, professeur honoraire de l'Université de Lausanne

Dans ses discours «De la religion» (1799), F.D.E. Schleiermacher misait résolument sur une parenté étroite entre l'art et la religion. C'était une première en théologie protestante. Cette manière nouvelle d'envisager le fait religieux devait entraîner une révision profonde de concevoir l'action du christianisme dans le monde et sa place au sein de la culture. Sur ce point comme sur d'autres, la pensée de Schleiermacher reste d'une étonnante actualité. Bernard Reymond a publié récemment une traduction nouvelle des célèbres «Discours» de 1799.

 

Le 24 octobre 2005. Quand Wolfgang Musculus (1497-1563) prêchait à la cathédrale de Strasbourg. De Strasbourg à Berne : La vie très mouvementée du " moine luthérien " devenu réformateur. Par Ernest WINSTEIN, président de l'UPL. (Cycle Foi, culture et théologie)

Wolfgang Meuslin, ou Musculus, reste inconnu pour beaucoup de contemporains. Il avait, comme Martin Bucer, bénéficié de l'école humaniste de Sélestat. Est-ce par amitié qu'il a pu devenir l'assistant du réformateur strasbourgeois ? Strasbourg n'avait-elle pas su retenir celui qui saura défendre à Augsbourg, face à Charles Quint, les principes réformateurs ? Ce témoin des premiers développements de la Réforme en devint aussi un acteur privilégié. Musculus, le fugitif, assoira son autorité à Berne où il devint, en 1549, titulaire d'une chaire d'exégèse. Canterbury, Strasbourg, Augsbourg, Heidelberg, Marbourg, Cassel… solliciteront en vain sa collaboration. Il meurt à Berne le 30 août 1563 en laissant une œuvre considérable.

 

Le 23 mai 2005. Le débat contradictoire sur le Traité établissant une Constitution pour l'Europe: "Oui, non, l'Europe est-elle en danger ?" MM. Roland RIES, Sénateur, ancien Maire de Strasbourg - pour le "oui", et Frédéric HENRY, porte-parole du mouvement Attac (Association pour la Taxation des Transactions pour l’Aide aux Citoyens)- pour le "non". Un débat riche qui a réuni quelques soixante dix personnes.

Le 27 avril 2005. Claude CONEDERA, "L'existence devant l'inconditionné (die Unbedingtheit) selon Tillich. La foi dans la culture contemporaine". (C. Conedera est traducteur de la Théologie Systématique, T. 1, de Paul Tillich - en liaison avec André Gounelle).

Le 1er février 2005. Croire …à hauteur d'humain Conférence donnée par Roland STAUB, pasteur, membre du Comité de l'UPL, à Strasbourg-Robertsau. Cliquez sur le lien Croire …à hauteur d'humain

Le 17 janvier 2005. Protestants. Mais quels protestants ? Table-ronde autour du livre "Politique romaine et démission des protestants" paru en 1962 ; avec la participation de Jean-Louis Hoffet, Philippe Kah, Jehan-Claude Hutchen, Manfred Stricker. Au Club de la Presse à Strasbourg.

Le 25 février 2005

Les nouvelles théologies anglo-saxonnes, conférence donnée par Gilles CASTELNAU au Foyer Lecocq à Strasbourg - voir sous "textes de conférences et colloques"

Le 7 mars 2005. La reponsabilité de la religion au 21è siècle - un point de vue juif, Conférence donnée par le rabbin de la communauté juive libérale de Zurich Tovia BEN-CHORIN au Foyer Lecocq à Strasbourg - voir sous "textes de conférences et colloques"

Le 22 novembre 2004. Oeuvrer pour le bien, la liberté , le progrès, la vie. Positions théologiques libérales de la fin du 19ème siècle en Alsace et leur actualité, Conférence donnée par Ernest WINSTEIN à Strasbourg

2003 et 2004 : Colloques "Foi et sciences"

Le 28 avril 2003 Qu'est-ce que le judaïsme libéral ? Quelle rencontre avec le protestantisme libéral ? Conférence donnée à Saint-Guillaume à Strasbourg par le rabbin Pauline BEBE

 

Textes

L'existence devant l'inconditionné chez Paul TILLICH

La foi dans la culture contemporaine

Le texte de la conférence du 27 avril 2005 donnée par Claude CONEDERA est publié dans le n° 4 des "Annales de l'UPL". Vous trouvez des extraits ci-dessous.

Paul TILLICH (1886-1965) : dogmaticien, théologien de la culture, théoricien du socialisme chrétien, philosophe. Ces qualificatifs dépeignent en quelques mots une œuvre qui est l'une des grandes synthèses théologiques du XX° siècle. Une œuvre commencée en Allemagne (Berlin, Marbourg, Dresde, Leipzig) puis continuée aux Etats-Unis, où TILLICH avait fui le régime nazi en 1933 (New York, Haward, Chicago).
On oppose souvent la période allemande à la période américaine. Cette opposition se cristalliserait dans une pensée marquée par l'idéalisme allemand de Schelling et son abandon durant la période américaine. En filigrane se trouve la terrible question qui a été un point d'achoppement pour toute la philosophie de la seconde moitié du XX° siècle : pourquoi l'idéalisme allemand, la pensée dominante du XIX° siècle, n'a-t-il pas su éviter, ou pire, a-t-il même conduit à la catastrophe nazie ? L'abandon de la pensée idéaliste par TILLICH serait la réponse théologique à ce traumatisme et inaugurerait une nouvelle façon de penser la théologie dans sa relation à la culture.
La THÉOLOGIE SYSTÉMATIQUE, publiée en 1951 à Chicago, serait le symbole de cette nouveauté.
Or, il existe une édition allemande, publiée en 1955, traduite par Renate Albrecht et revue par TILLICH lui-même. On savait depuis longtemps qu'il existe de nombreuses variantes entre les deux éditions. La publication des œuvres de TILLICH aux Éditions du Cerf, Labor et Fides et aux Presses de l'université de Laval par André Gounelle et Jean Richard, m'ont donné l'occasion de me lancer dans la recherche des variantes entre les deux éditions. Un travail fastidieux mais utile pour la recherche tillichienne.
1. Le concept d'inconditionné dans le cadre d'une théologie de la culture. (…)
2. L'inconditionné dans le cadre d'une théologie de la culture. (…)
3° L'existence devant l'inconditionné. (…)

Une phénoménologie de l'inconditionnel
La philosophie religieuse de TILLICH veut prendre en compte l'expérience croyante. La philosophie de l'inconditionné ne doit pas aborder cette expérience à l'aune d'une philosophie traditionnelle fondée sur la séparation du sujet et du monde. Il faut dépasser les oppositions classiques et ce dépassement nécessite une philosophie à la fois critique et intuitive, une phénoménologie, pour rendre raison de l'expérience croyante qui, en prise avec l'inconditionné, pose la question du sens ultime et de l'ultime réalité du sens.
Le criticisme n'arrive pas à penser l'essence de la chose, la méthode intuitive n'arrive pas à penser son existence. La nouvelle méthode phénoménologique doit prendre son point de départ dans le criticisme, c'est-à-dire prendre en compte les différentes fonctions de l'Esprit humain en tant qu'elles sont des formes du réel : la réalité s'exprime à travers les différentes expressions culturelles de l'Esprit. Or, ces formes sont vides parce qu'elles ne sont pas remplies par un inconditionné. Ce qui donne sens à toute chose, l'inconditionné, n'est lui-même pas un sens.
L'inconditionné ne peut être appréhendé que par l'intuition. Dieu peut se dire en différents discours, mais tous ces discours se brisent devant la référence ultime qu'est Dieu. Son existence n'est pas affaire de démonstration, mais il s'impose par lui-même au sujet qui a l'intuition de son existence en tant qu'il fonde sa propre existence de sujet. Selon TILLICH, il est possible pour la phénoménologie de concilier le discours rationnel et l'intuition de quelque chose qui dépasse le réel et le fonde. Le paradoxe n'est certes pas entièrement résolu, mais TILLICH y voit la seule possibilité de penser Dieu et de vivre de Dieu.
Enfin, l'existence devant l'inconditionné demande une nouvelle philosophie de l'histoire. La modernité, depuis le rationalisme, a cherché à se dégager de l'hétéronomie, d'une loi divine imposée à l'homme. L'autonomie kantienne a inauguré l 'époque de l'autonomie : non plus une loi extérieure qui s'impose à la conscience, mais la loi de la conscience qui s'impose à toutes les consciences et ordonne le monde. L'hétéronomie a perdu Dieu : la loi de la conscience et la loi divine sont étrangères l'une à l'autre. L'autonomie de la conscience a produit la technique et la domination rationnelle d'un monde sans Dieu.
Le prix à payer est lourd pour TILLICH : la conscience de l'inconditionné, c'est-à-dire la véritable expérience croyante qui donne un sens inconditionnel à l'existence, est perdue. L'autonomie de la conscience ayant montré ses limites, il faut une autre loi de la conscience, la théonomie, que TILLICH définit comme étant " une situation de l'esprit dans laquelle les formes de la vie spirituelle sont l'expression de l'incondtionné-réel ". Dieu est lui-même la norme, la loi de la conscience. Une norme qui n'a pas de contenu positif particulier, mais une norme qui donne un sens à la vie de l'Esprit en tant qu'elle est l'expression de l'inconditionné.
Ainsi, la culture théonome est une culture fondée sur l'ontologie de l'inconditionné, qui a pris acte de l'évolution des sciences et des techniques, mais qui donne toute sa place à Dieu, le commencement et la fin de toute chose, et, en ce sens, contient le mystère du sens ultime de toute chose.
" Dieu ne peut être connu qu'à partir de Dieu "
Claude Conedera, 27 avril 2005
 

Croire …à hauteur d'humain

Conférence donnée par Roland STAUB le 1er février 2005 à Strasbourg-Robertsau

Notes prises par Martine SCHOLL
" Quelqu'un qui vit debout est un ressuscité " (Roland Staub)

 

Roland Staub est pasteur depuis de longues années maintenant… Il est aussi membre du Comité de l'Union Libérale et chaque année, il nous fait le plaisir d'intervenir dans le cadre des conférences.

Une profession de foi qui témoigne d'une grande sincérité. Nous avons été tous très touchés par sa grande sensibilité, sa pudeur et sa modestie incontestée.

Il nous fait part de ses souvenirs de jeune étudiant, de sa licence en l'occurrence où déjà une des ses références était Rabelais, humaniste français.

Petit résumé express….
Sous des bouffonneries énormes, Rabelais avançait des idées qu'il eût été dangereux, à son époque, d'exprimer en clair : il attaquait la tyrannie de la scolastique, l'ignorance des moines, l'absurdité des guerres et condamnait la religion lorsqu'elle était confondue avec le pouvoir temporel. Créateur d'un univers romanesque qui intègre toutes les formes d'expression, tous les "parlers" du temps, Rabelais mêle la bouffonnerie à l'émotion, le mythe au réel, la raison au délire, la culture savante à la culture populaire. Ses héros, tels Gargantua et Pantagruel, géants à l'appétit insatiable, ou Panurge ("qui fait tout"), l'homme ingénieux en tout, sont devenus légendaires ainsi que l'abbaye de Thélème, où une société d'égaux s'adonne aux plaisirs du cœur et de l'esprit.

 

Roland Staub nous informe donc que Rabelais a été son sujet de mémoire et déjà, il abondait vers cette approche libérale. Il se questionnait déjà … : Il est devenu incontestablement un libéral dans le sens le plus noble du terme.

Il aborde :

- Le langage dogmatique et ses travers
- L'accessibilité de la foi - approche différente - démarche personnelle
Il n'y a pas un seul chemin pour accéder à la quête de Dieu ; il a toujours recherché au-delà dit-il, et il cite Paul (à hauteur d'humain)….
Son expérience d'aumônier de prison lui permet de faire des rencontres qu'il qualifie de profondes. Des hommes qui, de part leur enfermement probablement, se posent des questions existentielles sur la vie, la mort et Dieu. Cela l'a beaucoup troublé et il en garde une vive émotion en y repensant. Il a relevé aussi que beaucoup de gens incarcérés avaient une démarche spirituelle très avancée.
Il se dit libre dans son espérance, marginal de la foi - vis à vis des dogmes qu'il relativise bien entendu. La Bible, un livre de témoinagnes de la foi, a aussi ses limites.

Son approche en tant que pasteur laisse toute sa place à l'homme ; il faut faire appel à son intelligence, son coeur, son esprit ; entendre et transmettre son expérience de vie.
Le Saint Esprit : faut-il parler du témoignage "intérieur" (en nous) de Dieu ? Il "clarifie l'obscurité"; l'esprit dans lequel Jésus agit ; l'esprit tient du "souffle de Dieu".
Invite à avoir connaissance de ses limites, de la limite du discours de l'homme et de l'histoire humaine.

Sa quête est essentiellement la rencontre avec les autres, le non jugement, la bonté, une admiration de l'immensité de l'univers : ciel étoilé, visages d'enfants, musiques, œuvres qui le bouleversent et il en parle avec beaucoup d'émotion.
Il cite Théodore Monod, militant actif pour le désarmement, qu'il admire profondément.

Il exprime cependant toutes les " obscurités " aussi, ce qu'il traduit par un sentiment de non-sens et d'absence de Dieu quelquefois.
Il ajoute que le statut de la Bible, qu'il considère comme un livre de la Foi, ne doit pas être sacralisé.
Il précise qu'il respecte toutes les religions. Se demande pourquoi l'Homme culpabilise.
Parler de la mort du Fils comme d'un sauveur des hommes est une contradiction. R. S. cite André Gounelle qui considère que la crucifixion du Christ n'est pas nécessairement un plan de Dieu et il y adhère. Il pencherait plutôt pour Jésus mort pour les hommes comme il a vécu pour les hommes. Il considère sa mort comme un échec mais pas une fin, qu'il est mort pour ses idées.
Il pense que Dieu n'est pas tout-puissant, prenant en compte toutes les catastrophes et toutes les réalités du monde et que s'il y a crédibilité de la foi, il y a nécessairement réalité humaine.
Il cite Pâques comme un évènement non important en estimant que Jésus n'est pas Dieu, mais que l'homme Jésus me révèle quelque chose qui est de Dieu.

Il conclut par une citation :
"L'essentiel c'est ce qui s'entend du fond de l'abîme de la tristesse… Il n'y a pas d'homme condamné ".

Remarque personnelle : une grande retenue et une démarche exempte de toute démagogie et d'une grande honnêteté intellectuelle.

M. S.

" La question qui m'a toujours accompagnée, et de manière radicale, dans mon métier de pasteur a été celle de la signification des formulations dogmatiques, du langage religieux pour l'homme d'aujourd'hui avec son coeur et sa raison. C'est ce qui m'a amené, en compagnie d'autres, a essayer de dire une foi à "hauteur d'humain", une foi crédible." (Roland Staub)

 

Colloques « Foi et Sciences »

Le colloque du 4 octobre 2003

 
Dans son introduction, Ernest Winstein fait référence à Nietzsche qui note que l’extinction d’un astre n’a pas de conséquence fondamentale dans le fonctionnement de l’univers et la foi se fait alors le recours qui permet de surmonter la perspective d’une telle échéance.
C’est la question des théologiens : Pourquoi y a-t-il un abîme entre foi et science ? Il faut répondre que l’Eglise n’a pas su s’adapter, jalouse de son pouvoir qu’elle prétendait préserver.
 
1.     Le professeur Alfred Marx examine les rapports entre Bible et science et signale qu’ils ne constituent plus un problème, l’une et l’autre n’étant pas sur le même plan.
       Dans l’ancien Israël, la compréhension des phénomènes n’était pas établie puisqu’il n’existait pas de mot pour le cerveau, le système nerveux était ignoré et, quant à l’univers, il était imaginé comme une voûte qui fait barrage aux eaux d’en haut…
       En conséquence, que faire des sept jours de la création ?
       Une convergence avec les données scientifiques perd alors son objet et ne serait qu’une vaine recherche au point que l’intention de concilier vérités bibliques et vérités scientifiques devient tout à fait absurde.
       Sa vérité, de la Bible, ne peut se situer que sur le plan du sens de l’existence – « Je me garderai bien d’interroger l’A.T. sur la formation du Soleil » – et suggère à l’individu la manière de se conduire ; l’homme est chargé de gérer la création, non de l’exploiter.
      
2.     Ernest Winstein dégage les positions actuelles d’Albert Jacquard dans son livre Dieu ?
       Scientifique qui essaie de faire le point sur sa foi, Albert Jacquard reconnaît que « trop longtemps, j’ai cru ce qu’on m’a dit » et se heurte à l’ambiguïté qu’entraîne son attitude intérieure, construite par le confort des certitudes de sa foi catholique, et les constats de la science qui obligent à tout réviser.
       A l’évidence, le processus du doute constant fait entrer en conflit le credo judéo-chrétien et les apports de l’observation. En définitive, la question : qui est Dieu ? n’obtiendra pas de réponse puisque – dans l’absolu – les scientifiques n’arrivent pas à le cerner d’autant que le déterminisme atomique ne lui laisse aucune place, ce qu’avait déjà relevé Max Planck.
       Ultime tentative : Jacquard a cherché vainement dans le Nouveau catéchisme une explication aux interrogations contemporaines.
 
3.     Pour Albert Schweitzer, présenté Jean-Paul Sorg, il ne paraît pas que les sciences parviennent à ébranler la foi ; d’ailleurs il avait horreur des affirmations des manuels des sciences naturelles lesquelles esquivent le mystère de la nature.
       Ne pouvant fermer les yeux sur le phénomène de l’évolution, il n’y a pas lieu toutefois de laisser les scientifiques prétendre liquider les principes de la philosophie ni de la théologie car plus on avance, plus s’épaissit le mystère de l’univers dont le jeu aveugle des forces devra toujours être supplanté par le sens éthique.
       Schweitzer reste néanmoins hanté par la destination de l’Être dans sa totalité n’échappant pas nécessairement à la possibilité d’un cataclysme cosmique.
 
4.     Le professeur Gérard Siegwalt déclare qu’il y a peut-être imbrication des deux domaines science et foi. Selon lui, Dieu est la dimension de transcendance du Réel qui est UN et cette dimension dernière interpelle les scientifiques les obligeant à penser la finalité de leurs recherches. L’été que nous avons vécu peut être une alerte à l’égard d’étés futurs qui seront différents de ceux que nous avons connus.
       La nature résiste à la façon dont nous l’exploitons et les crises que nous provoquons feront obligation de changer de conduite d’où une démarche sapientiale, de l'ordre de l'expérience, serait plus salutaire qu’un mercantilisme effréné.
       Sa conclusion évoque l’approche théologique, prophétique qui, s’appuyant sur le Réel, peut définir une relation critique à la totalité du vécu.
 
5.     Pierre Hecker fait part des activités du groupe PRO-ANIMA dont l’objectif est la recherche de facteurs entraînant des pathologies sanitaires chez les humains.
       Si des centaines de milliers de citoyens sont éliminés chaque année de la vie, il y a lieu d’alerter les responsables sur les failles du système des traitements.
       Par ailleurs, l’utilisation du monde animal pour l’expérimentation des tests n’est pas satisfaisante et incline à des révisions de ces pratiques.
 
6.     Lothaire Zilliox mentionne la prudence nécessaire dans la démarche scientifique qui ne rend jamais compte de la totalité dans l’étude des sujets.
       Aussi, l’homme qui prétend détenir LA Vérité risque de s’enfoncer dans l’erreur et l’illusion. Le doute est donc nécessaire dans la progression des découvertes, celles-ci stimulées par l’émerveillement qu’inspire la nature dans ses infinies facettes.
       Maintenant que des barbaries sont de retour sous différentes formes, un domaine vital prend de l’importance : celui de l’eau. Ce patrimoine impose une réflexion d’envergure entre tous les partenaires concernés. Croissance démographique et régimes de l’eau sont liés et il s’agit de les gérer judicieusement pour éviter que la planète ne devienne inhabitable.
 
       Philippe KAH

 

 

Le colloque "foi et sciences" 2ème partie : interpellations réciproques

2 octobre 2004

L'opposition apparente entre foi et sciences, qui est une manifestation des temps modernes, est révélatrice d'un problème de pouvoir qui apparaît dès lors que la liberté de pensée se traduit en liberté d'expression - et que, souvent, celle-ci se trouve réprimée ou combattue...

L'idée que l'Eglise pourrait ne pas détenir la vérité ou toute la vérité, à partir du moment où le savoir s'émancipait, notamment au siècle des Lumières", mettait définitivement en question le caractère absolu de son pouvoir.

Luther en était resté à la justification par la foi - à vivre certes, dans le quotidien de la vie, mais qui n'avait pas d'incidence sur l'organisation de la société : il condamna la révolte des paysans. Calvin chercha une organisation de la vie de la cité qui soit articulée avec une foi vécue sur la base de principes "évangéliques". Aujourd'hui les religions doivent renoncer à un combat pour le pouvoir, mais non pas pour inviter les croyants à se recroqueviller sur eux-mêmes, étant entendu qu'une vie "communautaire" est nécessaire, mais à prendre leur part dans la construction d'un monde qui soit viable pour tous.

Le débat sur les rapports entre foi et sciences voudrait clarifier les rapports entre les domaines de la religion et de la science, souligner leur spécificité et laisser la place à l'interpellation réciproque. Celle-ci, dans le dialogue, permet d'avancer, de progresser. Ceci signifie clairement que non seulement la foi privée évolue, mais aussi les religions, si elles se prêtent à ce dialogue.

Un tel dialogue révèle naturellement des différences d'opinion, de culture,… - et ces différences enrichissent alors le dialogue et  la coexistence, la conscience de notre identité est une condition même du dialogue. Mais ce dialogue est par définition, puisqu'il est ouverture et non repli, la garantie d'un dépassement des intégrismes. Quel est le but de la religion, sinon de nous aider à vivre notre vie en relation avec d'autres, à stimuler l'organisation d'un monde qui soit viable, basé sur le respect et l'émancipation de l'individu (cela n'a rien à voir avec un individualisme qui prônerait l'individu comme centre du monde).

Dans une telle perspective, nous ne saurons accepter aucun totalitarisme religieux, mais nous nous serons tenus de toujours rouvrir, dans la mesure du possible, le questionnement et le dialogue.

Ernest Winstein                                                            Septembre 2004

 
 

Qu'est-ce que le judaïsme libéral ?

Quelle rencontre avec le protestantisme libéral ?

Conférence donnée à Saint-Guillaume à Strasbourg par le rabbin Pauline Bebe le 28 avril 2003

 
 

Pauline Bebe était l'invitée de l'Union Protestante Libérale - la rencontre s'était tenue en liaison étroite avec la Communauté Juive Libérale de Strasbourg. Première femme rabbin de France, Pauline Bebe a été formée en Israël et à l'école rabbinique Leo Baeck de Londres. Elle dirige aujourd'hui une communauté libérale à Paris dans le 18° arrondissement.

Nous proposons ci-après :

1. Une notice de Ernest Winstein "Conférence du rabbin Pauline Bebe : Protestants libéraux et Juifs libéraux se découvrent".
2. Un article rédigé par Isabelle Marx, présidente de l'Union Juive Libérale de Strasbourg à l'issue de la conférence, texte que Mme Marx a bien voulu nous communiquer, et nous l'en remercions.
 
 
Protestants libéraux et Juifs libéraux se découvrent
 
Lorsqu'une centaine de personnes se rencontrent autour d'un rabbin libéral de Paris, femme et écrivain de surcroît, l'événement s'installe. C'était le 28 avril en l'église Saint-Guillaume.
Après avoir rappelé qu'elle était citoyenne de son pays - et juive, Pauline Bebe exposa les deux axes du judaïsme libéral :
-                la révélation divine se fait progressivement, et souvent par paliers, jusqu'aujourd'hui.
-                le judaïsme évolue, dès lors qu'il st en phase avec le contexte socioculturel - n'est-ce pas en s'adaptant que le judaïsme a survécu !
Comment ne pas penser à la nécessité, pour l'église, de continuer à se réformer - selon l'expression de Martin Luther.
Quant à l'homme Jésus, question délicate, le judaïsme refuse l'idée qu'il soit l'envoyé de Dieu pour sauver le monde, mais lorsque nous entendons que l'attente messianique est, pour le juif, libéral, synonyme d'espérance d'un monde meilleur, nous sommes encore très proches. Sus aux malentendus, donc, et place à la découverte réciproque. Merci au rabbin Pauline Bebe d'avoir accepté le dialogue et à Mme Isabelle Marx, présidente de l'Union Juive libérale de Strasbourg d'y avoir invité sa communauté. Nous continuerons.
 
Ernest Winstein.
 

 

 

Qu'est-ce que le judaïsme libéral?

 
Etayant son propos d'exemples concrets, Pauline Bebe a défini dans un discours vivant et accessible, le judaïsme libéral et répondu aux questions d'une assemblée nombreuse.
 
1. Le judaïsme libéral au travers de l'histoire
 
Le libéralisme apparaît au siècle des Lumières, à la fin du 18è siècle et début du 19è. C'est à la sortie des ghettos, lorsque le juif devient citoyen, que le judaïsme se confronte à l'esprit des Lumières et que des interprétations variées voient le jour. Le début du mouvement libéral se situe en Hollande. Mais, dans la tradition juive, il y a toujours eu plusieurs tendances.
 
Les orthodoxes sont d'avis que le message a été transmis de génération en génération intacte, depuis le Mont Sinaï, sans avoir été modifié. Ils affirment que nous ne pouvons apporter des modifications car nous n'avons pas la sagesse de ceux qui ont été proches de la Révélation.
 
Le mouvement libéral est rapidement rejoint par des rabbins, qui développent une théologie du mouvement libéral.
La Révélation ne s'arrête pas aux cinq livres révélés : il existe, non pas un moment unique de révélation, mais un mouvement continu - une révélation progressive. En effet, les sages de chaque génération peuvent exprimer la volonté divine. Et le rabbin Pauline Bebe d'illustrer son propos à partir d'un commentaire traditionnel de la Amida  : chaque patriarche recreuse les puits déjà creusés par son père.
 
Le judaïsme a toujours vécu dans l'influence de son milieu socio-culturel : Ainsi, si la peine de mort, la disposition des biens des épouses, la polygamie, les sacrifices étaient admis à l'origine, ils ont été supprimés par la suite et on a pu voir l'abrogation de la peine de mort, l'instauration de la kétouba ou contrat de mariage mis en place pour protéger la femme, l'interdiction de la polygamie et le refus des sacrifices dans le culte .
 
Le judaïsme s'est toujours adapté et il n'y a pas de raison qu'il se sclérose.
Le midrash affirme aussi cette idée. En effet, après l'épisode du « veau d'or », les tables de la loi nouvellement écrites furent emmenées dans le tabernacle, mais également celles qui avaient été brisées. Les débris des tables étaient présents pour rappeler aux enfants d'Israël que la loi ne devait pas non plus devenir une idole.
 
A propos de la spiritualité de chacun, le rabbin Pauline Bebe donne une belle illustration de ce que peut être une interprétation en rappelant que, lors de la traversée du désert, la manne prenait le goût de ce que l'on aimait manger et conclue en indiquant que l'accès à la spiritualité peut-être différent pour chacun.
De plus, dans la Amida, le nom de Dieu est répété trois fois ; dieu d'Abraham, dieu d'Isaac et dieu de Jacob, ce qui laisse à penser que chaque génération en a eu une approche différente.
 
2 Judaïsme et religion chrétienne, judaïsme libéral et judaïsme traditionnel.
 
a- le monde chrétien et l'au-delà.
Le rabbin Pauline Bebe explique aux membres protestants de l'assemblée, qui l'ont convié à cette rencontre, ce qui nous différencie, nous juifs, d'autres religions.
Pour le judaïsme, chacun est maître de son destin, sans en contrôler tout, nous sommes libres. Chaque être humain a en lui de bons et de mauvais penchants, mais doit s'efforcer de faire ressortir le bon. La soumission à la loi reste une faculté laissée à son libre arbitre. Elle n'est en aucun cas source d'esclavage, mais de liberté. C'est dans notre vie terrestre que nous devons trouver notre voie et notre équilibre et non vivre dans l'attente du paradis après la mort. Les règles de vie ne sont pas une contrainte, un asservissement délivré aux juifs à la sortie d'Egypte, donc d'esclavage, mais un guide à l'usage d'êtres libres.
 
b- les tendances libérales et orthodoxes
Ici encore le libéralisme puise sa légitimité dans le fondement même du judaïsme. Deux lois s'opposent dans la Bible à propos du rejet de la faute sur les enfants : la première dans l'Exode parle d'une faute dont la responsabilité sera perpétuée aux générations suivantes ; la seconde, dans le Deutéronome, affirme que chacun est responsable de sa propre faute. La loi a évolué entre les deux conceptions dans un sens moral.
La loi des « mamzerim » concernant l'exclusion des enfants illégitimes toujours en pratique dans les communautés orthodoxes, a par conséquent été supprimée dans le judaïsme libéral.
 
Puis des questions sur le libéralisme ont amené le rabbin Pauline Bebe à préciser au travers de deux exemples des contraintes libérales supérieures à l'orthodoxie.
 
Ainsi sur les lois alimentaires, les définitions varient et pour les libéraux, élever les volailles en batterie peut être cause de souffrance dans la mesure où le volatile ne peut étendre ses ailes, ceci afin de respecter le fondement de certaines lois d'abattage, qui voulaient que l'on fasse subir le moins de souffrance possible à l'animal.
 
Le deuxième exemple est basé sur l'égalité de l'homme et de la femme dans le libéralisme et donc de l'obligation pour ces dernières d'étudier le talmud et de préparer leur bathmitva avec autant de rigueur que les hommes .
 
A la question sur la place de Jésus dans le judaïsme libéral, Pauline Bebe répondait simplement qu'il ne faisait pas partie de son paysage spirituel, et a relaté cette histoire drôle :
Comment sait-on que Jésus était juif ?
- il était persuadé que sa mère était vierge
- il est resté avec sa mère après trente ans
- sa mère le prenait pour un dieu
- il a su monter une multinationale qui a rencontré un grand succès !
 

Isabelle Marx

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